Bac 2018 : le gouvernement renonce à imposer le « mode examen » sur les calculatrices

laffy4l (CC BY 2.0)

Les élèves de terminale n’auront pas à utiliser le mode examen de leur calculatrice scientifique pendant les épreuves du bac 2018, a annoncé le Ministère de l’Education nationale ce jeudi 15 février. « De nombreuses académies ont signalé qu’un nombre significatif d’élèves ne disposait pas à ce jour d’une calculatrice conforme à cette nouvelle réglementation, explique le Ministère. Tous les candidats composeront donc dans les mêmes conditions qu’à la session 2017 et avec l’équipement de leur choix ».

Cette session du bac aurait, pourtant, dû être la première à exiger des candidats le passage en mode examen, verrouillant l’accès à la mémoire de leur calculette pour empêcher la triche. Mais de nombreux cafouillages observés ces dernières semaines lors de bacs blancs ont eu raison de cette décision. Cette décision s’appliquera pour le bac, mais également pour le BTS, DEC (diplôme d’expertise comptable), DCG (diplôme de comptabilité et gestion),  DNB (brevet), CAP, BEP, concours général des lycées et concours général des métiers pour la session 2018, qui autoriseront également les calculatrices sans mode examen.

Une circulaire pour lutter contre la triche

L’affaire avait fait grand bruit en 2015. Dans une circulaire, le Ministère de l’Education nationale rendait obligatoire, à partir de 2018, le « mode examen » sur les calculatrices scientifiques. Son rôle ? Restreindre temporairement l’accès à la mémoire et déclencher un système de diode clignotante. L’objectif semblait alors clair : empêcher les élèves d’avoir des programmes de triche (contenant toutes leurs formules de maths ou de physique).

« L’analyse du bilan des fraudes et tentatives de fraudes aux baccalauréats ces dernières années fait en effet apparaître un nombre important de fraudes liées à l’utilisation de matériels électroniques, y compris la calculatrice, peut-on lire dans un document adressé aux constructeurs de calculatrices en 2013. La ministre de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche souhaite que l’usage des calculatrices pendant les épreuves soit compatible avec les mesures visant à réduire les fraudes et tentatives de fraudes ».

Depuis trois ans, dans tous les lycées de France, la même consigne est donnée aux élèves : investir dans des calculatrices disposant du mode examen. « Mon frère venait d’avoir son bac quand je suis entré en seconde, explique Neïl élève en terminale s à Compiègne, il m’avait donné sa vieille TI83 sans mode examen mais les profs m’ont fait comprendre qu’il fallait que j’en rachète une avec le mode examen ». Enzo, lycéen à La Rochelle, a reçu les mêmes conseils « j’ai dû acheter une calculette avec un mode examen en arrivant en seconde, raconte-t-il, mais jusqu’à présent on ne l’a jamais activé en devoir surveillé ». À l’occasion de bacs blancs, certains lycées ont voulu tester ce fameux mode examen en conditions réelles, mais plusieurs cafouillages ont été relevés.

De multiples cafouillages

Si dans son communiqué le Ministère explique que « de nombreuses académies ont signalé qu’un nombre significatif d’élèves ne disposait pas à ce jour d’une calculatrice conforme à cette nouvelle réglementation », d’autres difficultés ont été constatées.

Chez certains candidats pourtant bien équipés, le mode examen de leur calculatrice ne s’est pas déclenché. « C’est un bug que l’on observe avec plusieurs modèles, détaille Xavier Andréani, professeur de mathématiques et fondateur du site TI-Planet. Si l’élève a moins de 25% de batterie et qu’il tente d’activer le mode examen, sa calculatrice reste bloquée sur un message d’avertissement du niveau de batterie, il ne peut plus l’utiliser ». Si le cas de figure se présente le jour du bac, impossible pour le candidat de passer en mode examen, ce qui entraînerait une confiscation de sa calculatrice. Interrogée par Slate, une professeure d’un lycée lillois où la situation s’est produite indique qu’elle a été obligée de « laisser tout le monde composer malgré tout » (avec les calculatrices sans mode examen du coup) durant un bac blanc.

Autre problème : ce « mode examen » ne préserve pas des antisèches. À partir du moment où une calculatrice est passée en mode examen, tous les programmes (et antisèches) stockés en mémoire auparavant sont inaccessibles. Mais tous les programmes que l’on écrirait après le passage en mode examen restent, eux, accessibles. Conséquence : un candidat qui aurait mis le mode examen chez lui pourrait ajouter des programmes de triche et venir avec une calculette pleine à craquer.

Pour faire face à ce problème, il est indiqué que les élèves doivent activer leur mode examen une fois dans la salle. Mais cette contrainte pose problème ; les professeurs surveillant l’épreuve de maths ou de physique n’enseignent pas tous ces disciplines. Pas sûr, donc, qu’ils soient au fait des subtilités des diodes clignotantes.

Des calculatrices bloquées

Un dernier point majeur inquiète la communauté éducative, comme les élèves : la sortie de ce « mode examen ». À chaque début d’épreuve les élèves devront avoir une calculatrice en « mode normal » qu’ils passeront en « mode examen ». Il leur faudra donc désactiver ce « mode examen » pour repasser en « mode normal » après chaque épreuve. Or, cette étape n’est pas toujours évidente. « Pour empêcher de quitter le mode examen pendant l’épreuve, les constructeurs de calculatrices obligent les élèves à utiliser une autre machine pour le désactiver, explique Xavier Andréani. Il peut s’agir d’une autre calculatrice du même modèle, d’un ordinateur voire d’un smartphone pour les modèles les plus évolués ».

Et selon le modèle de calculatrice, cette sortie du mode examen peut se transformer en une mission quasi-impossible. « Par exemple, pour sortir du mode examen de la  Lexibook GC3000FR, il faut obligatoirement utiliser une calculatrice du même modèle qui n’est, elle-même, pas en mode examen, poursuit Xavier Andréani. Cette calculatrice ne dispose pas de port USB, donc impossible de la déverrouiller avec un ordinateur ». En clair, si les candidats n’ont pas acheté cette calculatrice en deux exemplaires il leur sera tout bonnement impossible de sortir du mode examen… et donc d’utiliser leur calculatrice pour les épreuves suivantes.

Et ce même problème se retrouve sur d’autres modèles de calculatrice. En fait, pour comprendre l’origine de ce cafouillage, il faut revenir au cahier des charges qu’ont reçu les fabricants de calculatrices. En décembre 2013, près d’un an et demi avant la publication de la circulaire, le Ministère de l’Education nationale avait fait parvenir aux constructeurs un ensemble de « spécifications techniques » relatives au mode examen. Dans ce document de 5 pages, une seule ligne évoque la sortie de ce mode examen  : « Le « mode examen » doit donc être actif en permanence et ne pouvoir être désactivé que par une connexion extérieure ». C’est le flou autour de cette notion de « connexion extérieure » qui rend obligatoire la possession de deux calculatrices du même modèle pour certaines marques.

Un business très lucratif

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À quatre mois à peine du baccalauréat, le Ministère devait trancher au plus vite. Maintenir la circulaire, au risque de se retrouver avec des ruptures d’égalité entre les candidats (certains disposant potentiellement d’antiséches lors de l’épreuve, d’autres privés de toute calculatrice), ou renoncer temporairement à cette obligation du « mode examen ». C’est le second choix qui l’emporte. Pas sûr qu’il ne fasse que des heureux. Hugo, lycéen à Douai, fulmine depuis qu’il a eu vent du projet du Ministère. « Je redouble ma terminale cette année et j’ai acheté exprès ce week-end une nouvelle calculatrice avec le mode examen, lâche-t-il. J’ai dépensé 70€ pour rien ».

Il faut dire que depuis l’annonce de cette circulaire, les fabricants de calculatrices se frottent les mains. Durant longtemps, les vieux modèles se transmettaient dans les familles où se revendaient pour quelques poignées d’euros sur internet. Mais ils ne disposaient pas du mode examen. C’est donc tout un parc de calculatrices scientifiques qui a dû être renouvelé. « Depuis trois ans, on peut considérer que tous les élèves ont dû acheter une calculatrice neuve », détaille Xavier Andréani. Avec 500 000 élèves en série générale et technologique, ce sont pas moins de 1,5 million de calculatrices qui ont été rachetées. « Une calculatrice de moyenne gamme coûte environ 70€ », poursuit l’enseignant. Cette circulaire aurait rapporté, au bas mot, quelques 105 millions d’euros aux constructeurs. Un business très lucratif.

Si les bacheliers 2018 ne seront pas concernés par ce « mode examen », qu’en sera-t-il pour ceux de la session 2019 ? Officiellement, la circulaire restera en vigueur pour eux. Mais il est bien difficile de savoir comment les couacs rencontrés cette année pourront être résolus. Et au-delà de ces problèmes techniques, ce mode examen est-il vraiment si utile ? « Il n’y a rien de mal à stocker quelques formules pour être rassuré le jour des épreuves », glisse Fabien, lycéen à Compiègne. « Les programmes de triche peuvent même être vecteurs d’égalité entre les candidats, analyse Xavier Andréani. Ceux qui achètent les modèles les plus chers ont énormément de fonctionnalités « par défaut » qui restent accessibles même en mode examen, alors que ceux avec des calculatrices bas de gamme ne les ont pas. Sans le mode examen, tout le monde peut avoir les mêmes fonctionnalités en installant des programmes supplémentaires ». Les programmes de calculatrice, outils de lutte contre les inégalités sociales ? Toujours est-il que l’équation que le Ministère devra résoudre l’an prochain est loin d’être évidente…

Guillaume Ouattara, blogueur-invité Le Monde Campus

Toutes les filières pour devenir ingénieur

Avec près de 140 000 étudiants et 35 000 diplômés chaque année, les études d’ingénieur ont le vent en poupe sur Parcoursup. Chimie, informatique, biologie ou encore BTP, les ingénieurs évoluent dans de nombreux secteurs.

Mais au fait, comment devient-on ingénieur ? Prépas, écoles post-bac, DUT : je vous propose un zoom en vidéo, puis en détails, sur 4 manières de devenir ingénieur. De quoi donner un coup de pouce à vos candidatures sur Parcoursup.

1. Les classes préparatoires scientifiques

Vince11111 (CC BY 2.0)

C’est LA voie d’accès royale aux écoles d’ingénieurs les plus prestigieuses. Deux à trois ans en CPGE scientifique (classes préparatoires aux grandes écoles scientifiques) débouchant sur des concours hyper-sélectifs. Au programme ? Des maths, de la physique, des sciences industrielles pour l’ingénieur, du Français-Philo entre autres joyeusetés.

Le rythme est dense en classe prépa et elles permettent de se frotter, à l’issue des deux ans, aux concours des écoles d’ingénieurs les plus prestigieuses. Quatre spécialités sont ouvertes aux candidats après un bac S (les fameuses « maths sup »).

  • MPSI  – Maths, physique et sciences de l’ingénieur : une formation mettant l’accent sur les maths et la physique et débouchant, en 2ème année sur deux spécialités, MP (maths physique) ou PSI (physique et sciences de l’ingénieur)
  • PCSI – Physique, chimie, sciences de l’ingénieur : une formation qui met, elle, l’accent sur les maths, la physique et soit la chimie, soit les sciences de l’ingénieur.  Elle débouche sur deux spécialités PSI (physique et sciences de l’ingénieur) ou PC (physique, chimie)
  • PTSI – Physique, technologie et sciences de l’ingénieur : L’accent est mis sur les maths, la physique et les sciences industrielles pour l’ingénieur. Cette voie permet d’intégrer en 2ème année une prépa PT (physique et technologie) ou une prépa PSI (physique et sciences de l’ingénieur)
  • BCPST – Biologie, chimie, physique et sciences de la terre : Les domaines de spécialités sont la biologie, la physique et la chimie. Cette formation débouche, en deuxième année sur une prépa BCPST qui permet, entre autres, d’intégrer des écoles vétérinaires ou d’agroalimentaire.

D’autres classes préparatoires aux grandes écoles scientifiques sont ouvertes à des bacheliers non-scientifiques :

  • TB – Technologie et biologie : cette voie est ouverte aux bacs STL (option biotechnologies et SPCL) et aux bacheliers bacheliers STAV (sciences et technologies de l’ agronomie et du vivant). Elle permet d’intégrer des écoles d’agronomie, d’agroalimentaire, de vétérinaire, de biotechnologie…
  • TPC – Technologie physique et chimie : ouverte aux bacs STL option SPCL ou BGB elle permet de passer un concours dédié et d’intégrer des écoles de chimie et de génie chimique.
  • TSI – Technologie et sciences industrielles : cette filière est ouverte aux bacs STI2D et STL.

Après une classe prépa, les études en école d’ingénieurs durent trois ans et permettent de se spécialiser dans une thématique spécifique. 40% des étudiants ingénieurs sont passés par la case prépa.

2. Les écoles d’ingénieurs post-bac

Photo by NEC Corporation of America with Creative Commons license.

Les écoles post-bac représentent la seconde voie d’accès très répandue au métier d’ingénieur. Il y en a plus d’une centaine accessibles après le bac. Certaines forment des ingénieurs généralistes (les UT, les INSA…), d’autres forment des ingénieurs spécialisés d’un domaine (informatique, chimie…). Trois éléments sont à prendre en compte au moment de choisir son école d’ingénieurs post-bac :

i.  S’agit-il vraiment d’une école d’ingénieurs ou bien est-ce une école d’ingénierie ? La nuance peut paraître subtile, mais dans le premier cas l’école vous délivrera un diplôme reconnu par la CTI, la commission des titres d’ingénieur, garantissant la fiabilité du cursus, ce qui n’est pas le cas pour les écoles d’ingénieries, non-reconnues par la CTI, qui ne forment pas des ingénieurs mais des experts techniques.

ii. Quel statut a l’école ? S’agit-il d’une école d’ingénieurs publique ou d’une école d’ingénieurs privée ? Cela fera la différence quant aux frais d’inscription à engager.

iii. Quels sont les débouchés de l’école ? Certaines écoles forment des ingénieurs généralistes et proposent des débouchés très larges tandis que d’autres écoles vous permettront de vous spécialiser dans un domaine. Ainsi, si vous êtes passionné par l’univers de l’aérospatial, il peut être intéressant de rejoindre une formation ayant un lien fort avec cet univers plutôt qu’une formation trop généraliste qui ne vous donnera pas la certitude d’exercer dans ce secteur.

Au sein des différentes écoles d’ingénieurs post-bac le modèle de formation est assez similaire. Les deux premières années consistent en une prépa intégrée calquée, en partie, sur le modèle des classes prépa. L’idée est d’acquérir des connaissances scientifiques de haut niveau. L’étudiant se spécialise à partir de la 3ème année de son cursus. L’intégration dans une école d’ingénieurs se fait le plus souvent sur concours durant l’année de terminale :

  • Puissance Alpha : fusion des concours Alpha et Puissance 11 il permet d’intégrer 16 écoles (dont CPE Lyon, HEI, l’EFREI…) et offre près de 3500 places. Un examen du dossier a tout d’abord lieu (et permet aux meilleurs candidats d’être dispensés d’épreuves écrites). Un concours écrit est ensuite organisé (comptant pour 50% de la note finale).
  • Advance : 1330 places dans 4 écoles (EPITA, ESME Sudria, IPSA, Sup’Biotech). Examen du dossier, épreuves orales et QCM.
  • Avenir : Près de 1800 places dans 7 écoles (dont l’ESILV, l’ECE..). Examen du dossier, concours écrit (sauf pour les candidats exemptés).
  • Universités de technologie : L’admission à l’UTBM, l’UTC et l’UTT se passe sans concours mais via un examen du dossier et un entretien de motivation. 930 places offertes.
  • GEIPI Polytech : Plus de 3000 places sont proposées via concours dans 33 écoles d’ingénieurs (dont les écoles Polytech). Après examen du dossier, les meilleurs candidats sont convoqués à un oral de motivation. Les autres doivent passer des épreuves écrites.
  • INSA : pour intégrer l’un des 6 INSA (plus de 2000 places) un examen du dossier et un oral de motivation sont organisés.
  • GEPBAlternative à Parcoursup, la plateforme grandes écoles post-bac permet d’intégrer des écoles de la Fésia et de l’Icam. Le recrutement se fait sur analyse du dossier et entretien de motivation.
  • La prépa des INP : alternative aux classes préparatoires, ces deux années permettent de préparer l’admission au sein de la trentaine d’écoles du Groupe INP. Examen du dossier et entretien de motivation.

3. Les BTS et les DUT

Une autre façon d’intégrer une école d’ingénieurs est le passage par un BTS (brevet de technicien supérieur), un BTSA (brevet de technicien supérieur agricole) ou un DUT. Plus d’une centaine de spécialités différentes existent, mais toutes ne permettent pas de rejoindre une école d’ingénieurs. Les BTS et les DUT ayant un lien avec l’univers scientifique dans le domaine industriel ou agricole sont à privilégier.

Cette alternative conviendra à des étudiants ayant besoin de mettre du concret dans leurs études tout en ayant un encadrement semblable au lycée. Mais attention, la vocation première de BTS est de former des techniciens supérieurs prêts à rejoindre le marché du travail. Seuls 30% des diplômés d’un BTS  (les meilleurs étudiants) poursuivent leurs études à l’issue de leur formation. Dans les DUT, le taux de poursuite d’études est supérieur (de l’ordre des 50%).

Deux options s’offrent aux étudiants  :

i. Candidater directement après leur BTS à une école d’ingénieurs. Les candidats ayant eu d’excellents résultats durant leur BTS ou leur DUT peuvent envisager de candidater directement à des écoles une fois diplômés. Certaines écoles recrutent directement sur examen du dossier et entretien de motivation, tandis que d’autres recrutent via concours. La banque d’épreuves DUT-BTS regroupe 14 écoles publiques et privées (dont les arts et métiers) qui proposent un concours spécifiques aux étudiants issus des BTS. Attention, seules certaines mentions de BTS sont acceptées. Au programme de ces concours, une épreuve de maths, une épreuve à option (génie électrique, génie mécanique ou génie civil) et une épreuve d’anglais, complétées par des oraux.

ii. Faire un an de classe préparatoire ATS avant de candidater en école d’ingénieurs. Cette classe prépa en 1 an accessible après un BTS ou un DUT vous permettra de vous remettre à niveau sur les disciplines théoriques pour pouvoir intégrer des écoles sur dossier ou passer des concours. Deux filières de prépa ATS sont accessibles : ingénierie industrielle ou biologie. Certaines banques de concours sont exclusivement réservées aux élèves sortant d’une prépa ATS.

>>> Lire aussi : Intégrer une grande école sans prépa grâce aux admissions parallèles 

4. La fac

Steven Brewer (CC BY-SA 2.0)

Dernière façon d’intégrer une école d’ingénieurs : la fac. Que vous choisissiez de faire des maths, de la physique, de l’électronique, vous pouvez intégrer une école d’ingénieurs à l’issue de votre troisième année de licence (L3, bac+3) ou de votre première année de master (M1, bac+4). Près de 300 places sont offertes, sur concours, aux étudiants fakheux. 13 écoles dont Polytechnique et TELECOM ParisTech recrutent via l’admission universitaire grandes écoles d’ingénieurs.

Certaines universités proposent des parcours de licences consacrés à la préparation de ce concours. L’avantage de passer par la fac est de s’éviter la pression des classes prépa tout en acquérant un solide niveau de connaissances scientifiques.

>>> Lire aussi : Ils ont intégré Polytechnique, Normale Sup et HEC par une voie détournée

>>> En résumé, comment choisir ? <<<

> Les étudiants voulant se frotter aux concours des écoles d’ingénieurs les plus sélectives, ou souhaitant se donner du temps pour parfaire leur projet d’orientation, iront du côté des classes prépa scientifiques. Un bon moyen pour garder une ambiance lycée et un bon encadrement. Les 2 ou 3 ans en prépa sont durs et demandent un investissement de tous les instants.

> Les étudiants ayant déjà une idée du secteur où ils souhaitent évoluer pourront aller du côté des écoles d’ingénieurs post-bac. Moins stressantes, ces formations ont l’avantage de proposer très rapidement aux étudiants de se spécialiser. L’étudiant en école d’ingé post-bac devra faire preuve d’autonomie.

> Les DUT conviendront à des étudiants ayant envie d’avoir un encadrement sans la pression et le stress des concours en classe prépa. Durant deux ans, ils auront l’occasion de se perfectionner sur le plan technique sans laisser de côté la formation théorique.

> Les BTS intéresseront les candidats qui ont besoin de concret, de terrain. Souvent, l’intégration d’une école d’ingénieurs devra se faire après un passage par une année de prépa ATS pour une remise à niveau dans les matières théoriques.

> La fac est une bonne alternative à la prépa et aux écoles d’ingénieurs. Laissant du temps aux étudiants pour trouver leur voie, elle leur permet d’avoir une excellente formation théorique.

Et vous, avez-vous suivi un autre parcours atypique pour devenir ingénieur ? N’hésitez pas à le partager en commentaires !

Et pour découvrir le métier d’ingénieur en vidéo, je vous propose de regarder l’interview d’Aline Aubertin, présidente de l’association Femmes Ingénieurs et diplômée d’une école post-bac.

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Pourquoi il ne faut jamais tricher dans une fac américaine

alamobasement (CC BY 2.0)
alamobasement (CC BY 2.0)

Voilà deux mois que j’ai fait ma rentrée à l’Université de Valparaiso dans l’Indiana, près de Chicago. L’occasion, pour moi, de découvrir de nouveaux cours, de nouveaux camarades mais, surtout, un tout nouveau système éducatif.

Et s’il y a bien une chose que j’ai retenue en quelques semaines, c’est qu’il ne faut JAMAIS, au grand JAMAIS, tenter de tricher à un examen. Pourquoi ? Parce que la dénonciation est, ici, une pratique courante. Et les conséquences pour les étudiants pris en flagrant délit peuvent être désastreuses…

Des examens sans surveillants…

« Je n’ai jamais reçu, donné ou toléré une aide illégitime pour réaliser ce travail ». C’est par cette phrase que doivent se terminer tous les travaux notés que je réalise ici, dans mon campus américain. Ce serment solennel provient du Code d’honneur que tous les étudiants s’engagent à respecter. En clair, ils n’ont jamais triché, et n’aideront jamais personne à le faire.

Les premiers jours dans la fac, je notais un peu négligemment cette phrase, sans vraiment la comprendre. Mais c’est lors de mon tout premier examen qu’elle a pris tout son sens…

Pourquoi ? Parce que quelques minutes après avoir donné le sujet le prof est sorti de la salle pour retourner dans son bureau ! Une heure complète d’examen sans aucune surveillance. Très rapidement, je me suis imaginé tous les scénarios les plus fous. Des élèves sortant leurs cahiers, papotant entre eux pour se passer les réponses, utilisant leur téléphone pour gruger sur internet.

Mais étonnamment, pendant tout l’examen rien de tout cela. Tout le monde regardait fixement sa copie, et aucun bruit ne sortait de la salle. La raison ? Ce n’est pas au prof de surveiller l’examen, mais ce sont les élèves eux-mêmes qui se surveillent.

La dénonciation est une obligation

Dans le code d’honneur apparaît une règle particulièrement cruciale : tout élève qui surprendrait un camarade en train de tricher est obligé de le dénoncer.

Un extrait du formulaire de dénonciation de l'université... (DR)
Un extrait du formulaire de dénonciation de l’université… (DR)

C’est ainsi que sur le site de l’université, un formulaire tout entier est dédié à la dénonciation. « Date de la violation du code d’honneur », « Cours où elle a eu lieu », « étudiant accusé » : sur plusieurs lignes les étudiants doivent décrire le plus précisément possible la triche à laquelle ils ont assisté. Un autre étudiant témoin peut être cité pour corroborer l’accusation.

Mais les étudiants se dénoncent-ils vraiment ? Eh bien oui. Il y a à peine quelques jours, deux élèves d’une classe ont été dénoncés parce qu’ils avaient communiqué pendant un examen sans professeur.

Ainsi, qu’il s’agisse d’un petit mot glissé en douce, d’un regard négligent sur son téléphone ou d’un cahier « oublié » sur la table : tous les étudiants gardent un œil sur leur voisin.

Autant dire qu’on comprend que les profs puissent retourner siroter tranquillement un petit café dans leur bureau…

Un système basé sur la confiance

Ce système peut paraître étrange. Désuet. Malsain. On aurait envie de taxer les élèves-dénonciateurs de cafteurs. Peut-être. Mais il instaure un certain climat de confiance entre les profs, les élèves et l’université.

Ne nous mentons pas : traditionnellement pendant un contrôle, au collège ou au lycée en France, tout l’art des élèves sera de réussir à gruger le plus discrètement possible. J’ai souvenir d’un devoir sur table de Français, en 4ème, où la moitié des élèves avaient leur bouquin posé sur la table et le feuilletait quand la prof regardait ailleurs.

Ici, à l’université, avec les moyens de communication avancés, on pourrait tout à fait imaginer des tricheries aisées. Alors autant laisser les élèves seuls avec leur conscience, et sous la surveillance de leurs camarades.

Ne pas dénoncer : une forme de complicité

Un tout dernier point rend ce système extrêmement sournois : ne pas dénoncer c’est se rendre coupable de complicité !

Mettons qu’un élève X triche à un examen. Un autre élève Y situé juste derrière le voit et reste quelques secondes à regarder la tricherie en cours. Derrière Y un élève Z assiste à la scène et se rend compte que Y a tout vu. Si Z décide de dénoncer X, il précisera – dans son rapport – que Y a assisté, lui-aussi, à la scène. Mais si Y n’a pas dénoncé son camarade, alors il pourra être accusé d’avoir également triché.

Vous m’avez suivi ? En clair il vaut mieux ne rien voir et, si vous avez vu, vous n’avez pas d’autre choix que de dénoncer votre camarade, au risque de vous retrouver vous-aussi sur le banc des accusés…

Que risque-t-on à tricher aux USA ?

Retrouvez-moi sur mon tout nouveau compte snapchat ingenuingenieur pour découvrir en temps réel la vie sur un campus américain
Retrouvez-moi sur mon tout nouveau compte snapchat ingenuingenieur pour découvrir en temps réel la vie sur un campus américain

Si vous êtes dénoncé par un petit camarade, toute une procédure se met en place. Dans un premier temps, une enquête va être diligentée pour tenter de comprendre ce qu’il s’est passé. Vous serez notifié assez rapidement sa tenue. Cependant, vous ne connaîtrez jamais le nom de votre accusateur…

L’étudiant-accusé peut plaider coupable, coupable avec circonstances atténuantes ou non-coupable. Ensuite, il sera auditionné et devra faire la lumière sur toutes les circonstances de cette affaire. Enfin des sanctions allant jusqu’à l’exclusion pourront être prononcées contre lui…

En conclusion, il vaut, parfois, mieux assumer et avoir une mauvaise note que tenter le diable en fouinant dans son cahier…

Rendez-vous très prochainement pour une nouvelle chronique Made In USA. Et d’ici là, gardons le contact : sur mon tout nouveau compte snapchat « ingenuingenieur », sur ma page Facebook et sur mon profil Twitter !

>>> Et découvrez, aussi, mon bilan de deux ans en école d’ingénieurs, toutes les coulisses de ma rentrée dans une université américaine ou encore Le jour où le Wi-Fi est tombé en panne sur mon campus américain

Que faire pour préparer sa rentrée en prépa ?

Chris Meller (CC BY 2.0)
Chris Meller (CC BY 2.0)

« To work or not to work » ? Cruel dilemme pour des milliers d’élèves s’apprêtant à rentrer en classe prépa début septembre.

Arriver tout frais en ayant rechargé ses batteries au maximum (au soleil de préférence) ? ou bien travailler fébrilement pour avoir plein de formules en tête le jour de la rentrée ? Prof et élèves vous livrent leurs meilleurs secrets pour surmonter ce dilemme et employer sa dernière semaine de vacances à bon escient.

Lire, lire et encore lire !

« Si vous n’avez pas commencé à lire les ouvrages au programme, il est plus que temps de vous y mettre », prévient Louise, ancienne élève de pcsi (physique chimie et sciences de l’ingénieur) s’apprêtant à rentrer en deuxième année. La cousine Bette, Andromaque et la Dissertation sur les passions : ces trois œuvres au programme forment la clef de voûte des cours de français-philo. Susceptibles d’être au concours de l’année prochaine, « il faut les avoir lues au moins une fois » prévient Louise.

« Dans l’année, on n’a pas vraiment le temps de se plonger dans des bouquins, alors il vaut mieux avoir assuré durant les vacances », détaille Luc, ancien élève de MPSI.

Balzac, Racine et Hume : en cette dernière semaine de vacances, ces trois auteurs doivent venir remplir votre table de chevet.

Révisez sans abuser !

Et pour ce qui est du travail alors ? Cette fois-ci, les avis divergent. Pour Louise, qui étudie dans un grand lycée de Province, il ne sert à rien de travailler pendant les vacances. « On a bien assez de travail pendant l’année pour ne pas s’en infliger pendant les derniers jours de liberté qui nous restent, explique-t-elle. Certains dans ma classe avaient commencé le programme de première année pendant les vacances, mais honnêtement au bout d’une semaine on était tous au même niveau ».

Un constat partagé par un professeur sur le forum prepas.org qui explique que « ce que vous apprendrez en prépa, non seulement sera d’un autre niveau que ce que vous avez vu en terminale, mais en plus sera abordé sous un angle plus scientifique. Vos révisions de tel ou tel chapitre ne vous serviront que peu voire pas du tout  », et qu’il vaut mieux « garder du bon temps pour autre chose ».

Luc, qui étudie également dans un lycée de province, a un avis bien différent. « La dernière semaine d’aout, je l’avais employée à relire mes cours de maths de terminale, confie-t-il, je suis arrivé avec plein de formules en tête et ça m’a beaucoup aidé. Je  n’ai pas touché à la physique pendant mes vacances et je l’ai regretté amèrement ».

Alors, quel exemple suivre ? Celui qui vous rassurera le plus, il va sans dire. Si vous avez besoin d’avoir en mémoire des formules et des définitions pour vous sentir en confiance, prenez le temps de relire quelques cours, mais sans abuser. Et si vous ne révisez pas, ne culpabilisez pas !

Préparez-vous mentalement

En revanche, là où prof et élèves s’accordent, c’est sur l’importance des premiers jours. « J’ai eu du mal à me mettre au travail, se souvient Louise, mes résultats n’étaient pas très bons. Alors s’il y a bien un conseil que je peux donner aux futurs élèves de prépa, c’est de se mettre à bosser dès le début ».

Du coup, la dernière semaine de vacances peut servir à questionner sa motivation, chercher ce qui pousse à travailler. « Il ne faut pas être en prépa par hasard, continue Louise, il faut savoir quels concours on vise et ce dès le début de l’année ». Quitte à revoir ses ambitions à la baisse avec l’arrivée des premiers résultats… « Je sais quelles écoles je veux obtenir, explique Luc, du coup quand je travaille j’ai un objectif en tête ».

Se préparer psychologiquement semble, donc, être une bonne activité pour occuper cette dernière semaine de repos. Car, pour faire face à la vague déferlante qui s’abat en prépa, mieux vaut être bien armé… Les conseils humoristiques de Mara Goyet, professeur et blogueuse au Monde, adressés aux futurs élèves de collège s’appliquent très bien aux préparationnaires : « Réhabituez-votre enfant à l’univers sauvage et sans pitié qu’on appelle un peu rapidement celui de la « camaraderie ». Moquez-vous de lui sur la plage, mettez-le à l’écart quelques minutes par jour, lancez des campagnes de dénigrement sur Facebook. En « mode masqué », ponctuez ses journées de SMS cruels. A la rentrée, le choc n’en sera que moins brutal et vous verrez votre enfant épanoui comme jamais ». Face aux khôlleurs parfois cruels, cet entraînement pourra être bénéfique…

L’École Polytechnique à la recherche de nouvelles start-up

Vince11111 (CC BY 2.0)
Vince11111 (CC BY 2.0)

Depuis avril 2015, l’École Polytechnique a lancé le programme « X-Up » pour recruter et épauler de nouvelles start-up innovantes.

Accompagnement personnalisé, locaux sur le campus, conseils de mentor : une première promotion de 4 start-up a déjà intégré « X-Up » et Polytechnique est à la recherche de nouveaux projets pour rejoindre ses rangs à la rentrée.

Qui peut se porter candidat pour rejoindre « X-Up » ?

« Tout le monde peut postuler », explique Matthieu Somekh, responsable du Pôle Entrepreneuriat et Innovation de l’X. Il n’est, donc, pas nécessaire d’être étudiant de la vieille institution militaire. Le seul impératif est d’avoir un projet de création d’entreprise ou bien d’être dans les premières phases de création d’une start-up. La durée d’incubation est de 6 mois renouvelables.

Quels genres de start-up sont recherchées par Polytechnique ?

L’école est à la recherche de start-up disposant d’une forte dimension d’innovation technologique. Médical, big data ou encore objets connectés : les thématiques acceptées sont larges.

Que reçoivent les start-up de la part de Polytechnique ?

Les porteurs d’un projet recevront des locaux sur le campus de Polytechnique, un accès à un fablab, des ateliers, des rencontres et des conseils individualisés pour aider à démarrer l’activité.

Que doivent donner les start-up en échange ?

En échange de l’accompagnement d’un projet, Polytechnique récupère quelques parts de la start-up épaulée. C’est la seule contrepartie demandée aux porteurs de projet.

Pour davantage d’informations et candidater à ce programme, rendez-vous sur le site de l’École.

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