Parcoursup 2018 : les dessous de l’algorithme racontés par ses créateurs

waiam cia (CC BY 2.0)

La plateforme Parcoursup est-elle en train de créer le bug de l’an 2018 ? C’est la question que l’on peut se poser à la vue des premiers résultats de l’affectation des étudiants. Conçue pour remplacer APB accusé par certains de faire preuve d’opacité, Parcoursup n’échappe pourtant pas aux critiques. Le 22 mai dernier, à son ouverture, 400 000 candidats se sont retrouvés sans affectation. Incompréhension des candidats sur liste d’attente, joie et dilemme de ceux acceptés dans leurs voeux ; le ministère assure quant à lui que tous les étudiants auront une place dans le supérieur à la rentrée.

Une semaine après, 32% des élèves restent toujours dans l’incertitude concernant leur orientation. Pour tenter de comprendre la vision du ministère sur ces premiers résultats, Jérôme Teillard, chef de projet réforme de l’accès à l’enseignement supérieur et Hugo Gimbert, chercheur au CNRS chargé de concevoir les nouveaux algorithmes de Parcoursup, ont répondu à nos questions.

Guillaume Ouattara : À l’ouverture de Parcoursup, 400 000 candidats étaient sans affectation. Au fil des jours des propositions leur sont faites, et la liste décroît. Quel regard portez-vous sur la situation aujourd’hui ?

Hugo Gimbert (CNRS) : Nous suivons l’évolution des propositions faites aux candidats au jour le jour. Des chiffres nous remontent quotidiennement sur le déroulement de la procédure. Avant le lancement de Parcoursup, nous avons fait un certain nombre de simulations pour anticiper le comportement des candidats. Ça n’était pas forcément évident puisque c’est la première année que nous lançons ce système. Jusqu’à aujourd’hui, le déroulement de Parcoursup est plus rapide que le scénario le plus optimiste que nous avions modélisé. Nous n’avons pas de craintes particulières, la situation va avancer au fil des jours.

Jérôme Teillard (Ministère) : Nous sommes confiants sur le fait que tout le processus est en train de converger. Il faut que les candidats soient attentifs aux délais. L’accompagnement par les professeurs principaux rend le processus beaucoup plus sécurisé. Et ce qu’il faut dire, c’est que le système est plus lisible. Les candidats n’ont pas à mettre en place de stratégie, ils peuvent garder certains voeux en attente, changer d’avis. Ils ont le dernier mot et ne doivent plus faire de voeux contraints.

>>> Lire aussi : Comment Parcoursup risque d’augmenter considérablement les listes d’attente

Comprenez-vous que cette situation puisse être stressante pour les candidats qui n’ont aucune affectation aujourd’hui ?

Jérôme Teillard : Il faut entendre les candidats qui expriment des angoisses, mais dans la durée Parcoursup est un processus nettement plus sécurisant. On donne aux candidats des indicateurs précis, des perspectives concrètes. Ce sont forcément des moments qui ne sont pas simples à vivre individuellement, mais c’est le cas dans chaque moment de choix important. Le passage du collège au lycée est également une période compliquée pour les élèves. Cette année est particulière puisqu’il s’agit d’une transition vers l’enseignements supérieur fondé sur un nouveau système. Nous avons également mis en place des dispositifs d’accompagnement des élèves qui au 22 mai se sont retrouvés avec des réponses négatives des filières sélectives sur tous leurs vœux. Nous sommes dans une logique de transparence, nous luttons contre les fake news qui existent sur la procédure. Notre dispositif n’est pas parfait mais il fonctionne, nous pouvons le garantir. Mais il y a, c’est vrai, un vrai travail de pédagogie et d’accompagnement à faire, et c’est ce à quoi nous nous employons au ministère, dans les académies et les établissements scolaires.

Jean-Michel Blanquer a annoncé hier sur BFMTV et RMC que 20% des élèves seront toujours sur liste d’attente avant le début du bac. Ces chiffres semblent-ils se confirmer ?

Hugo Gimbert, chercheur au CNRS chargé de mission Parcoursup (DR)

Hugo Gimbert: Nous attendons d’avoir toutes les données avant de faire des estimations. Mais ce qu’il faut souligner, c’est que les candidats n’ont pas à parier sur les réponses des autres pour faire leur choix. Ils peuvent accepter leur proposition préférée parmi toutes celles qui leur sont faites. Avec APB, il était possible de faire des choix stratégiques complexes lors de l’ordonnancement des voeux, notamment pour les L1 et les internats.

Quelles différences conceptuelles y a-t-il entre APB et Parcoursup ?

Jérôme Teillard : L’idée avec Parcoursup c’était de mettre en place un nouveau système fondé sur la transparence et la liberté de choix pour les candidats. Le point de départ de la fin d’APB, c’est une mise en demeure que nous avons reçue de la CNIL et qui nous indiquait qu’il ne fallait plus prendre de décisions sur l’orientation des étudiants basées sur le hasard et sur des algorithmes. Il nous a fallu remettre de l’humain au coeur de la procédure. Avec APB, c’était les algorithmes qui faisaient la loi. Avec Parcoursup, les algorithmes développés par Hugo Gimbert et Claire Mathieu ne sont qu’une traduction des règles posées dans la loi et ses textes d’application.

Hugo Gimbert : Dans le cahier des charges du développement de Parcoursup, il y avait deux éléments clairs. Premièrement, il ne fallait plus que les candidats hiérarchisent leurs voeux. Deuxièmement, il fallait supprimer les tirages au sort. Nous ne devions plus utiliser aucun élément aléatoire. À plusieurs reprises on s’est trouvé dans des situations où l’on aurait pu mettre des critères aléatoires. C’était interdit cette année.

Jérôme Teillard : En fait avec APB la loi n’avait pas prévu de mécanismes de résolutions pour de nombreuses situations. C’est pour cela que le tirage au sort était utilisé, pour régler ces situations compliquées. Cela a introduit une part d’arbitraire dans la procédure, ce qui n’est pas souhaitable.

Comment se traduit la volonté de transparence de la procédure Parcoursup ?

Jérôme Teillard : Nous publions quotidiennement des indicateurs qui font le suivi de la procédure. Les candidats peuvent également connaître leur position sur liste d’attente. La manière dont le classement des dossiers a été organisée est également transparente. Il y a eu un cadrage national d’attendus fixés pour l’ensemble des candidats par les formations, les éléments de leurs dossiers qui sont pris en compte. Depuis le 22 janvier, le site de Parcoursup présente les différents attendus qui servent à évaluer les dossiers des candidats. L’examen des dossiers a été effectué par des commissions d’examens de voeux. Pour les filières sélectives (prépas, BTS, DUT…), les critères utilisés n’étaient pas transparents. Désormais, avec les attendus, les élèves savent ce que les formations recherchent.

Certains redoutent que les universités soient devenues “sélectives”, qu’en pensez-vous ?

Jérôme Teillard : En ce qui concerne les licences à l’université, l’examen des dossiers a pour but la réussite des étudiants. Pour les candidats qui sont les moins  préparés pour vouésà ces filières, les universités peuvent mettre en place des procédures d’accompagnement particulières (via les “oui si”). Le classement n’est qu’une opération secondaire, il n’a d’impact que dans les filières en tension (avec plus de demandes que de places). Il fallait mettre fin à un choix qui pouvait en cas de tensions se solder par l’arbitraire du tirage au sort. Le travail qui est fait dans les commissions d’examens repose sur ces attendus. Les critères concrètement utilisés sont couverts par le secret des délibérations, comme dans tous les jurys. Mais ils se réfèrent aux attendus. Chaque candidat a la possibilité de solliciter les établissements sur les motifs pédagogiques qui l’ont écarté d’une formation. Mais c’est important de le redire : aucun candidat ne peut être refusé dans une formation non-sélective.

Hugo Gimbert, en tant que chercheur au CNRS, comment en êtes-vous arrivé à travailler sur la plateforme Parcoursup ?

Hugo Gimbert : J’ai été sollicité par le ministère à la rentrée dernière pour être chargé de mission sur Parcoursup. J’ai une double compétence. Je suis avant tout chercheur en informatique, ce qui me donne du recul par rapport à quelqu’un qui n’aborderait que les enjeux techniques. J’ai également des compétences de développement. Par le passé j’ai déjà reçu l’appui de Philippe Baptiste, actuellement directeur de cabinet de la ministre Frédérique Vidal, pour développer un outil aidant les commissions d’évaluation scientifique du CNRS à mutualiser l’information et à dématérialiser leur travail.

Durant votre travail de développement des algorithmes, quels étaient vos liens avec le ministère ?

Hugo Gimbert : Nous avons eu de nombreuses réunions d’arbitrage avec le ministère au cours desquelles les décisions techniques ont été prises. Ces réunions était très collaboratives, ce qui était une surprise pour moi, j’imaginais un fonctionnement davantage hiérarchisé, même si, in fine, le dernier mot revenait logiquement au chef de projet ou au directeur de cabinet. Pour débuter notre travail, nous sommes partis des grandes lignes du texte de loi qui était en préparation. Le développement a pu commencer quand nous avons eu tous les arbitrages nécessaires sur l’algorithme. Avec Claire Mathieu, nous nous occupions du coeur algorithmique de Parcoursup, de toutes les fonctions clefs. Nous sommes repartis de zéro et n’avons rien gardé d’APB. Les équipes techniques situées à Toulouse, et qui travaillaient les années passées sur APB, ont été chargées de toute la maîtrise d’oeuvre ; concevoir le site web, maintenir les serveurs, gérer la base de données…

Jérôme Teillard : Il y a eu pour le développement de Parcoursup un véritable travail collaboratif entre le ministère de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation et le ministère de l’éducation nationale. Un certain nombre d’arbitrages techniques, juridiques et pédagogiques ont été rendus pour prendre les décisions qui mettaient en œuvre le cadre législatif. Nous sommes partis de la loi et de ses décrets d’application. Pour que notre philosophie soit bien comprise par tous, nous avons publié une trentaine de fiches pratiques pour que les équipes sur le terrain comprennent bien la procédure. En mars, nous avons également organisé des journées de formation auprès de différents responsables pédagogiques des universités.

Lorsque l’on analyse les algorithmes que vous avez publiés, on se rend compte que certains candidats boursiers sont remontés dans les listes des formations sélectives et non-sélectives, tandis que certains candidats hors de l’académie sont descendus dans les listes de formations non-sélectives. Comment cela s’explique-t-il ?

Hugo Gimbert : Il ne s’agit que de la traduction algorithmique de deux mesures votées par le parlement dans la loi ORE (Orientation et Réussite des Etudiants) : un taux minimum de boursiers à respecter dans toutes les formations (sélectives et non-sélectives) et un taux maximum d’élèves hors de la zone géographique de la formation. Pour classer les candidats, nous respectons trois niveaux de contraintes. Premièrement appliquer le taux minimum de boursiers, deuxièmement appliquer le taux maximum de candidats hors secteur (pour les formations non-sélectives) et troisièmement respecter les classementseffectués par les  formations.

Jérôme Teillard : Ce sont les recteurs qui ont fixé ces deux taux. L’objectif est de démocratiser l’accès à l’enseignement supérieur. Ils sont affichés sur le site de Parcoursup et l’algorithme n’est là que pour les traduire.

L’objectif de laisser les candidats choisir leur affectation avec plusieurs voeux c’est de leur faire avoir “des choix d’orientation éclairés”. Or, dans les faits on se rend compte que les candidats n’ont pas forcément anticipé leurs choix et qu’ils se décident dans la précipitation quand ils ont plusieurs propositions, n’est-ce pas contradictoire ?

Jérôme Teillard : L’orientation est toujours un processus complexe et qui peut être angoissant si l’on n’est pas accompagné. Je comprends tout à fait les interrogations des candidats. C’est précisément pour cela que nous avons mis en place un deuxième professeur principal dans les classes de terminale dès cette année. Et puis les conseils de classe permettent également de mieux accompagner les candidats. Les projets de formation motivés et la fiche avenir leur ont fait permis de formaliser toutes ces réflexions. On demande aux candidats de choisir en sept jours, ils peuvent également solliciter leurs entourage, leurs professeurs ou des étudiants pour les accompagner. Mais il est vrai que l’on n’enlèvera jamais le fait qu’un choix d’orientation est toujours difficile. Ce que nous souhaitons c’est que les élèves soient mieux accompagnés.

Hugo Gimbert : Il faut rappeler qu’avec APB nous demandions aux candidats de choisir leurs voeux en avance, il fallait les positionner les uns par rapport aux autres. Un candidat qui fait plus de 100 voeux, comme c’est couramment le cas sur les concours communs, doit anticiper plus de 4900 choix différents, qui peut faire ça? L’intérêt de Parcoursup c’est que le candidat peut se concentrer sur les choix décisifs, il ne s’agit plus de classer des voeux hypothétiquement. Pour rentrer dans l’aspect technique, Parcoursup et APB fonctionnent de manière similaire. Simplement avec APB c’était un algorithme qui affectait les candidats selon leurs voeux. Désormais, ce sont les candidats qui ont la main sur leur affectation.

>>> Lire aussi : Parcoursup 2018 : gare à l’« overbooking » des formations sélectives

Sachant que les candidats n’ont pas hiérarchisé leurs voeux, aurez-vous la possibilité de mettre en place des outils de satisfaction pour savoir s’ils seront affectés dans une formation qui leur plaît ?

Hugo Gimbert : Nous n’avons pas encore défini d’indicateur pour mesurer la satisfaction des candidats en fin de procédure, c’est en cours. Dans les simulations que nous avons faites, nous avons pris des jeux de données issus d’APB et nous avons comparé le résultat obtenu par les deux procédures. On arrive rapidement à l’optimum avec Parcoursup. Dans les simulations, les élèves obtiennent leurs voeux préférés en un peu plus de temps, c’est vrai.

Jérôme Teillard : Au-delà de la mesure de la satisfaction, il faut rappeler qu’APB n’avait pas été construit dans une perspective globale d’orientation, mais qu’il s’agissait d’une simple plateforme technique. Notre objectif avec Parcoursup n’est pas simplement de réussir la phase d’admission le plus rapidement possible, mais c’est que dans les trois ans les étudiants puissent pleinement réussir leurs études. APB était un outil exogène, il faisait tout sans accompagner la réflexion des élèves. Parcoursup est davantage une plateforme à considérer comme unoutil au service d’un processus plus complet d’orientation.

Pour conclure, pensez-vous que le fonctionnement de Parcoursup et ses algorithmes resteront tels quels l’an prochain ?

Jérôme Teillard : Frédérique Vidal s’est engagée auprès des différents acteurs de la procédure à faire un retour d’expérience. Pas seulement sur l’outil Parcoursup mais sur le fonctionnement global. Le processus est voué à s’améliorer, nous écoutons les craintes de nos interlocuteurs et transformerons la procédure là où c’est nécessaire. Par exemple, il nous a été remonté des difficultés pour les élèves en situation de handicaps à s’orienter car ils ne savent pas si les formations sont accessibles. Nous travaillerons sur ce sujet pour la prochaine session de Parcoursup pour qu’il y ait un référent handicap dans chaque formation.

Propos recueillis par Guillaume Ouattara, blogueur-invité Le Monde Campus.

 

Pourquoi il ne faut jamais tricher dans une fac américaine

alamobasement (CC BY 2.0)
alamobasement (CC BY 2.0)

Voilà deux mois que j’ai fait ma rentrée à l’Université de Valparaiso dans l’Indiana, près de Chicago. L’occasion, pour moi, de découvrir de nouveaux cours, de nouveaux camarades mais, surtout, un tout nouveau système éducatif.

Et s’il y a bien une chose que j’ai retenue en quelques semaines, c’est qu’il ne faut JAMAIS, au grand JAMAIS, tenter de tricher à un examen. Pourquoi ? Parce que la dénonciation est, ici, une pratique courante. Et les conséquences pour les étudiants pris en flagrant délit peuvent être désastreuses…

Des examens sans surveillants…

« Je n’ai jamais reçu, donné ou toléré une aide illégitime pour réaliser ce travail ». C’est par cette phrase que doivent se terminer tous les travaux notés que je réalise ici, dans mon campus américain. Ce serment solennel provient du Code d’honneur que tous les étudiants s’engagent à respecter. En clair, ils n’ont jamais triché, et n’aideront jamais personne à le faire.

Les premiers jours dans la fac, je notais un peu négligemment cette phrase, sans vraiment la comprendre. Mais c’est lors de mon tout premier examen qu’elle a pris tout son sens…

Pourquoi ? Parce que quelques minutes après avoir donné le sujet le prof est sorti de la salle pour retourner dans son bureau ! Une heure complète d’examen sans aucune surveillance. Très rapidement, je me suis imaginé tous les scénarios les plus fous. Des élèves sortant leurs cahiers, papotant entre eux pour se passer les réponses, utilisant leur téléphone pour gruger sur internet.

Mais étonnamment, pendant tout l’examen rien de tout cela. Tout le monde regardait fixement sa copie, et aucun bruit ne sortait de la salle. La raison ? Ce n’est pas au prof de surveiller l’examen, mais ce sont les élèves eux-mêmes qui se surveillent.

La dénonciation est une obligation

Dans le code d’honneur apparaît une règle particulièrement cruciale : tout élève qui surprendrait un camarade en train de tricher est obligé de le dénoncer.

Un extrait du formulaire de dénonciation de l'université... (DR)
Un extrait du formulaire de dénonciation de l’université… (DR)

C’est ainsi que sur le site de l’université, un formulaire tout entier est dédié à la dénonciation. « Date de la violation du code d’honneur », « Cours où elle a eu lieu », « étudiant accusé » : sur plusieurs lignes les étudiants doivent décrire le plus précisément possible la triche à laquelle ils ont assisté. Un autre étudiant témoin peut être cité pour corroborer l’accusation.

Mais les étudiants se dénoncent-ils vraiment ? Eh bien oui. Il y a à peine quelques jours, deux élèves d’une classe ont été dénoncés parce qu’ils avaient communiqué pendant un examen sans professeur.

Ainsi, qu’il s’agisse d’un petit mot glissé en douce, d’un regard négligent sur son téléphone ou d’un cahier « oublié » sur la table : tous les étudiants gardent un œil sur leur voisin.

Autant dire qu’on comprend que les profs puissent retourner siroter tranquillement un petit café dans leur bureau…

Un système basé sur la confiance

Ce système peut paraître étrange. Désuet. Malsain. On aurait envie de taxer les élèves-dénonciateurs de cafteurs. Peut-être. Mais il instaure un certain climat de confiance entre les profs, les élèves et l’université.

Ne nous mentons pas : traditionnellement pendant un contrôle, au collège ou au lycée en France, tout l’art des élèves sera de réussir à gruger le plus discrètement possible. J’ai souvenir d’un devoir sur table de Français, en 4ème, où la moitié des élèves avaient leur bouquin posé sur la table et le feuilletait quand la prof regardait ailleurs.

Ici, à l’université, avec les moyens de communication avancés, on pourrait tout à fait imaginer des tricheries aisées. Alors autant laisser les élèves seuls avec leur conscience, et sous la surveillance de leurs camarades.

Ne pas dénoncer : une forme de complicité

Un tout dernier point rend ce système extrêmement sournois : ne pas dénoncer c’est se rendre coupable de complicité !

Mettons qu’un élève X triche à un examen. Un autre élève Y situé juste derrière le voit et reste quelques secondes à regarder la tricherie en cours. Derrière Y un élève Z assiste à la scène et se rend compte que Y a tout vu. Si Z décide de dénoncer X, il précisera – dans son rapport – que Y a assisté, lui-aussi, à la scène. Mais si Y n’a pas dénoncé son camarade, alors il pourra être accusé d’avoir également triché.

Vous m’avez suivi ? En clair il vaut mieux ne rien voir et, si vous avez vu, vous n’avez pas d’autre choix que de dénoncer votre camarade, au risque de vous retrouver vous-aussi sur le banc des accusés…

Que risque-t-on à tricher aux USA ?

Retrouvez-moi sur mon tout nouveau compte snapchat ingenuingenieur pour découvrir en temps réel la vie sur un campus américain
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Si vous êtes dénoncé par un petit camarade, toute une procédure se met en place. Dans un premier temps, une enquête va être diligentée pour tenter de comprendre ce qu’il s’est passé. Vous serez notifié assez rapidement sa tenue. Cependant, vous ne connaîtrez jamais le nom de votre accusateur…

L’étudiant-accusé peut plaider coupable, coupable avec circonstances atténuantes ou non-coupable. Ensuite, il sera auditionné et devra faire la lumière sur toutes les circonstances de cette affaire. Enfin des sanctions allant jusqu’à l’exclusion pourront être prononcées contre lui…

En conclusion, il vaut, parfois, mieux assumer et avoir une mauvaise note que tenter le diable en fouinant dans son cahier…

Rendez-vous très prochainement pour une nouvelle chronique Made In USA. Et d’ici là, gardons le contact : sur mon tout nouveau compte snapchat « ingenuingenieur », sur ma page Facebook et sur mon profil Twitter !

>>> Et découvrez, aussi, mon bilan de deux ans en école d’ingénieurs, toutes les coulisses de ma rentrée dans une université américaine ou encore Le jour où le Wi-Fi est tombé en panne sur mon campus américain

C’est quoi un ingénieur : « Trouver mon premier emploi d’ingénieure n’est pas aussi facile que prévu »

On parle souvent du métier d’ingénieur comme ne connaissant, quasiment, pas le chômage et offrant des taux d’insertion professionnelle attrayants pour les jeunes diplômés. Oui mais voilà, tout n’est pas si rose dans le « paradis » de l’ingénierie. Secteurs bouchés, concurrence entre diplômés, exigences fortes de la part des entreprises : depuis plus de 6 mois, c’est ce qu’expérimente Coralie Astruc, une toute jeune diplômée.

Ingénieure spécialisée dans la Qualité, elle doit faire face à une rude concurrence dans ce secteur et se voit, souvent, reprocher son manque d’expérience professionnelle. « Le problème c’est que la plupart des employeurs considèrent que les stages que l’on peut faire dans le cadre d’une formation d’ingénieur ne sont pas de véritables expériences professionnelles », explique-t-elle. « Pourtant, en stage d’ingénieur et en projet de fin d’études, j’ai eu le sentiment d’être considérée comme une ingénieure à part entière, c’est assez paradoxal », poursuit-elle.

Le témoignage complet de Coralie Astruc est à retrouver, cette semaine, dans l’émission « C’est quoi un ingénieur » :

Et vous, avez-vous rencontré des difficultés d’insertion dans le milieu professionnel ? Quels conseils donneriez-vous à Coralie Astruc ? Vos réactions dans les commentaires !

Rendez-vous Mardi sur ce blog pour découvrir une nouvelle chronique de mon quotidien d’étudiant en échange aux Etats-Unis !

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C’est quoi « C’est quoi un ingénieur ? » : je vous dis tout sur cette émission TV !

C’est quoi un ingénieur : une émission pour découvrir le « métier » d’ingénieur

Il y a un an et demi tout juste, je publiais ici même ma toute première note de blog, « Dis papy, c’est quoi un ingénieur ». J’y racontais la difficulté que je ressentais, en intégrant une école d’ingé, de savoir concrètement à quoi ressemblerait mon quotidien une fois diplômé.

Mon propos se résume en un slogan : « Ingénieur : un métier qui fait rêver, mais une profession assez cachée » !

Vous avez été très nombreux à réagir et à apporter votre témoignage sur le métier d’ingénieur. A l’image de Beone, par exemple, qui explique que selon lui, « l’ingénieur est une personne qui, en étant spécialiste de rien, saura trouver les connaissances et les compétences nécessaires, par lui-même ou en s’appuyant sur d’autres personnes, pour faire aboutir un projet ». Ou encore, Rien, qui confie que « Ingénieur est à la fois un titre, un statut, un poste, un métier, et un niveau d’étude (le fameux « bac+5″). Sans parler de l’ingénierie qui est à la fois une discipline et une « méta-discipline » (« ingénierie informatique », « ingénierie physique », « ingénierie financière ») ».

Pas facile de s’y retrouver… J’ai, donc, décidé de vous donner la parole et j’ai réalisé des entretiens filmés avec des ingénieurs en poste. Ils m’ont parlé de leur parcours, de leur job au quotidien et de la vision qu’ils ont de leur profession.

Ces émissions seront à retrouver à partir du lundi 9 mai 2016 sur Demain.TV, Ma Chaîne Étudiante et ici même, sur Le Monde Campus. Alors rendez-vous la semaine prochaine pour découvrir la première de « C’est quoi un ingénieur », et d’ici là je vous laisse avec la bande annonce du programme !

Et d’ici là, rendez-vous sur Facebook et sur Twitter !

Que faire pour préparer sa rentrée en prépa ?

Chris Meller (CC BY 2.0)
Chris Meller (CC BY 2.0)

« To work or not to work » ? Cruel dilemme pour des milliers d’élèves s’apprêtant à rentrer en classe prépa début septembre.

Arriver tout frais en ayant rechargé ses batteries au maximum (au soleil de préférence) ? ou bien travailler fébrilement pour avoir plein de formules en tête le jour de la rentrée ? Prof et élèves vous livrent leurs meilleurs secrets pour surmonter ce dilemme et employer sa dernière semaine de vacances à bon escient.

Lire, lire et encore lire !

« Si vous n’avez pas commencé à lire les ouvrages au programme, il est plus que temps de vous y mettre », prévient Louise, ancienne élève de pcsi (physique chimie et sciences de l’ingénieur) s’apprêtant à rentrer en deuxième année. La cousine Bette, Andromaque et la Dissertation sur les passions : ces trois œuvres au programme forment la clef de voûte des cours de français-philo. Susceptibles d’être au concours de l’année prochaine, « il faut les avoir lues au moins une fois » prévient Louise.

« Dans l’année, on n’a pas vraiment le temps de se plonger dans des bouquins, alors il vaut mieux avoir assuré durant les vacances », détaille Luc, ancien élève de MPSI.

Balzac, Racine et Hume : en cette dernière semaine de vacances, ces trois auteurs doivent venir remplir votre table de chevet.

Révisez sans abuser !

Et pour ce qui est du travail alors ? Cette fois-ci, les avis divergent. Pour Louise, qui étudie dans un grand lycée de Province, il ne sert à rien de travailler pendant les vacances. « On a bien assez de travail pendant l’année pour ne pas s’en infliger pendant les derniers jours de liberté qui nous restent, explique-t-elle. Certains dans ma classe avaient commencé le programme de première année pendant les vacances, mais honnêtement au bout d’une semaine on était tous au même niveau ».

Un constat partagé par un professeur sur le forum prepas.org qui explique que « ce que vous apprendrez en prépa, non seulement sera d’un autre niveau que ce que vous avez vu en terminale, mais en plus sera abordé sous un angle plus scientifique. Vos révisions de tel ou tel chapitre ne vous serviront que peu voire pas du tout  », et qu’il vaut mieux « garder du bon temps pour autre chose ».

Luc, qui étudie également dans un lycée de province, a un avis bien différent. « La dernière semaine d’aout, je l’avais employée à relire mes cours de maths de terminale, confie-t-il, je suis arrivé avec plein de formules en tête et ça m’a beaucoup aidé. Je  n’ai pas touché à la physique pendant mes vacances et je l’ai regretté amèrement ».

Alors, quel exemple suivre ? Celui qui vous rassurera le plus, il va sans dire. Si vous avez besoin d’avoir en mémoire des formules et des définitions pour vous sentir en confiance, prenez le temps de relire quelques cours, mais sans abuser. Et si vous ne révisez pas, ne culpabilisez pas !

Préparez-vous mentalement

En revanche, là où prof et élèves s’accordent, c’est sur l’importance des premiers jours. « J’ai eu du mal à me mettre au travail, se souvient Louise, mes résultats n’étaient pas très bons. Alors s’il y a bien un conseil que je peux donner aux futurs élèves de prépa, c’est de se mettre à bosser dès le début ».

Du coup, la dernière semaine de vacances peut servir à questionner sa motivation, chercher ce qui pousse à travailler. « Il ne faut pas être en prépa par hasard, continue Louise, il faut savoir quels concours on vise et ce dès le début de l’année ». Quitte à revoir ses ambitions à la baisse avec l’arrivée des premiers résultats… « Je sais quelles écoles je veux obtenir, explique Luc, du coup quand je travaille j’ai un objectif en tête ».

Se préparer psychologiquement semble, donc, être une bonne activité pour occuper cette dernière semaine de repos. Car, pour faire face à la vague déferlante qui s’abat en prépa, mieux vaut être bien armé… Les conseils humoristiques de Mara Goyet, professeur et blogueuse au Monde, adressés aux futurs élèves de collège s’appliquent très bien aux préparationnaires : « Réhabituez-votre enfant à l’univers sauvage et sans pitié qu’on appelle un peu rapidement celui de la « camaraderie ». Moquez-vous de lui sur la plage, mettez-le à l’écart quelques minutes par jour, lancez des campagnes de dénigrement sur Facebook. En « mode masqué », ponctuez ses journées de SMS cruels. A la rentrée, le choc n’en sera que moins brutal et vous verrez votre enfant épanoui comme jamais ». Face aux khôlleurs parfois cruels, cet entraînement pourra être bénéfique…

Un documentaire pour découvrir les classes prépa de l’intérieur

Capture d'écran du documentaire
Capture d’écran du documentaire « Destination prépa » (DR)

Des élèves-ingénieurs qui se lancent dans la production audiovisuelle : forcément, ça vaut le détour. Au programme, 20 minutes pour découvrir l’univers des classes préparatoires.

Trop court ? Trop long ? Suffisant ? À chacun son avis. En tout cas, avec les témoignages et les immersions de « Destination prépa », les étudiants de l’école Centrale de Paris proposent un regard plutôt intéressant sur la prépa.

Casser les clichés sur la prépa

Toute cette aventure est partie d’un constat réalisé par 11 amis de l’école Centrale : le seul documentaire existant sur les classes prépa, réalisé par Envoyé Spécial en 2009, leur paraît être à charge.

« On trouvait que ça ne renvoyait pas une image positive des classes prépa, que c’était trop orienté, explique Augustin Courtier, leader du projet. Alors, on a décidé de faire nous-même notre propre reportage ».

Un projet trop ambitieux ? Pas d’après les 11 étudiants qui le proposent dans le cadre du « projet innovation » qu’ils doivent mener en deuxième année de leur cursus.

« On ne voulait pas faire d’apologie de la prépa »

« Le but n’était pas de faire une apologie de la prépa, mais simplement de présenter la manière dont on l’a vécue, continue Augustin ». Pour cela, ils se sont rendus dans plusieurs lycées, ont réalisé des interviews d’étudiants, de professeurs et de khôlleurs.

Le programme est porté par une voix off plutôt apaisante qui présente des enchaînements de petites séquences. Et on voit à peu près tout ce qui fait les classes prépa : les cours magistraux de mathématiques, les petites pauses au restaurant scolaire, les sessions de travail jusque tard dans la nuit, les khôlles…

Le documentaire plaira, donc, aux élèves de terminale se demandant s’ils sont faits pour la prépa. Avec « Destination prépa », ce sera une bonne entrée dans cet univers si particulier.

Une vision trop édulcorée ?

Cependant, la vision globale me paraît quelque peu édulcorée. Certes, le tout renvoie une image qui me paraît assez représentative, mais il manque le côté pression que l’on ressent, souvent, durant ces deux ans de prépa (j’écrivais même il y a quelques mois qu’en prépa la vie est un long stress fébrile).

Par exemple, toute une partie est consacrée aux devoirs surveillés hebdomadaires, et l’on aurait presque l’impression qu’il s’agit là d’une douce partie de plaisir. On rigole, on s’amuse, mais finalement le documentaire passe sous silence les longues heures d’apprentissage intense qui ont précédé cette épreuve.

Évidemment, en 20 minutes on ne peut pas tout représenter, mais Augustin le concède lui-même : « c’est vrai qu’il y aurait eu davantage à faire du côté du décrochage, de la perte de motivation ».

Un documentaire indispensable pour de futurs préparationnaires

Il n’en reste pas moins que ce documentaire est à conseiller à tous les futurs élèves de prépa qui, en cette période de vacances, doivent être en train de se poser moult et moult questions.

Alors à tous les élèves désireux de découvrir ce qu’est la classe prépa, je conseille de commencer par visionner le documentaire de France 2 qui présente une année dans différentes prépa, avant de relativiser le tout avec le documentaire de « Destination prépa ».

Mais après tout, il ne faut pas oublier qu’il y a autant d’expériences de la prépa que d’individus qui y prennent part et que tous les documentaires du monde ne seront pas suffisant pour décrire la manière dont vous la vivrez.

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