Bac 2018 : le gouvernement renonce à imposer le « mode examen » sur les calculatrices

laffy4l (CC BY 2.0)

Les élèves de terminale n’auront pas à utiliser le mode examen de leur calculatrice scientifique pendant les épreuves du bac 2018, a annoncé le Ministère de l’Education nationale ce jeudi 15 février. « De nombreuses académies ont signalé qu’un nombre significatif d’élèves ne disposait pas à ce jour d’une calculatrice conforme à cette nouvelle réglementation, explique le Ministère. Tous les candidats composeront donc dans les mêmes conditions qu’à la session 2017 et avec l’équipement de leur choix ».

Cette session du bac aurait, pourtant, dû être la première à exiger des candidats le passage en mode examen, verrouillant l’accès à la mémoire de leur calculette pour empêcher la triche. Mais de nombreux cafouillages observés ces dernières semaines lors de bacs blancs ont eu raison de cette décision. Cette décision s’appliquera pour le bac, mais également pour le BTS, DEC (diplôme d’expertise comptable), DCG (diplôme de comptabilité et gestion),  DNB (brevet), CAP, BEP, concours général des lycées et concours général des métiers pour la session 2018, qui autoriseront également les calculatrices sans mode examen.

Une circulaire pour lutter contre la triche

L’affaire avait fait grand bruit en 2015. Dans une circulaire, le Ministère de l’Education nationale rendait obligatoire, à partir de 2018, le « mode examen » sur les calculatrices scientifiques. Son rôle ? Restreindre temporairement l’accès à la mémoire et déclencher un système de diode clignotante. L’objectif semblait alors clair : empêcher les élèves d’avoir des programmes de triche (contenant toutes leurs formules de maths ou de physique).

« L’analyse du bilan des fraudes et tentatives de fraudes aux baccalauréats ces dernières années fait en effet apparaître un nombre important de fraudes liées à l’utilisation de matériels électroniques, y compris la calculatrice, peut-on lire dans un document adressé aux constructeurs de calculatrices en 2013. La ministre de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche souhaite que l’usage des calculatrices pendant les épreuves soit compatible avec les mesures visant à réduire les fraudes et tentatives de fraudes ».

Depuis trois ans, dans tous les lycées de France, la même consigne est donnée aux élèves : investir dans des calculatrices disposant du mode examen. « Mon frère venait d’avoir son bac quand je suis entré en seconde, explique Neïl élève en terminale s à Compiègne, il m’avait donné sa vieille TI83 sans mode examen mais les profs m’ont fait comprendre qu’il fallait que j’en rachète une avec le mode examen ». Enzo, lycéen à La Rochelle, a reçu les mêmes conseils « j’ai dû acheter une calculette avec un mode examen en arrivant en seconde, raconte-t-il, mais jusqu’à présent on ne l’a jamais activé en devoir surveillé ». À l’occasion de bacs blancs, certains lycées ont voulu tester ce fameux mode examen en conditions réelles, mais plusieurs cafouillages ont été relevés.

De multiples cafouillages

Si dans son communiqué le Ministère explique que « de nombreuses académies ont signalé qu’un nombre significatif d’élèves ne disposait pas à ce jour d’une calculatrice conforme à cette nouvelle réglementation », d’autres difficultés ont été constatées.

Chez certains candidats pourtant bien équipés, le mode examen de leur calculatrice ne s’est pas déclenché. « C’est un bug que l’on observe avec plusieurs modèles, détaille Xavier Andréani, professeur de mathématiques et fondateur du site TI-Planet. Si l’élève a moins de 25% de batterie et qu’il tente d’activer le mode examen, sa calculatrice reste bloquée sur un message d’avertissement du niveau de batterie, il ne peut plus l’utiliser ». Si le cas de figure se présente le jour du bac, impossible pour le candidat de passer en mode examen, ce qui entraînerait une confiscation de sa calculatrice. Interrogée par Slate, une professeure d’un lycée lillois où la situation s’est produite indique qu’elle a été obligée de « laisser tout le monde composer malgré tout » (avec les calculatrices sans mode examen du coup) durant un bac blanc.

Autre problème : ce « mode examen » ne préserve pas des antisèches. À partir du moment où une calculatrice est passée en mode examen, tous les programmes (et antisèches) stockés en mémoire auparavant sont inaccessibles. Mais tous les programmes que l’on écrirait après le passage en mode examen restent, eux, accessibles. Conséquence : un candidat qui aurait mis le mode examen chez lui pourrait ajouter des programmes de triche et venir avec une calculette pleine à craquer.

Pour faire face à ce problème, il est indiqué que les élèves doivent activer leur mode examen une fois dans la salle. Mais cette contrainte pose problème ; les professeurs surveillant l’épreuve de maths ou de physique n’enseignent pas tous ces disciplines. Pas sûr, donc, qu’ils soient au fait des subtilités des diodes clignotantes.

Des calculatrices bloquées

Un dernier point majeur inquiète la communauté éducative, comme les élèves : la sortie de ce « mode examen ». À chaque début d’épreuve les élèves devront avoir une calculatrice en « mode normal » qu’ils passeront en « mode examen ». Il leur faudra donc désactiver ce « mode examen » pour repasser en « mode normal » après chaque épreuve. Or, cette étape n’est pas toujours évidente. « Pour empêcher de quitter le mode examen pendant l’épreuve, les constructeurs de calculatrices obligent les élèves à utiliser une autre machine pour le désactiver, explique Xavier Andréani. Il peut s’agir d’une autre calculatrice du même modèle, d’un ordinateur voire d’un smartphone pour les modèles les plus évolués ».

Et selon le modèle de calculatrice, cette sortie du mode examen peut se transformer en une mission quasi-impossible. « Par exemple, pour sortir du mode examen de la  Lexibook GC3000FR, il faut obligatoirement utiliser une calculatrice du même modèle qui n’est, elle-même, pas en mode examen, poursuit Xavier Andréani. Cette calculatrice ne dispose pas de port USB, donc impossible de la déverrouiller avec un ordinateur ». En clair, si les candidats n’ont pas acheté cette calculatrice en deux exemplaires il leur sera tout bonnement impossible de sortir du mode examen… et donc d’utiliser leur calculatrice pour les épreuves suivantes.

Et ce même problème se retrouve sur d’autres modèles de calculatrice. En fait, pour comprendre l’origine de ce cafouillage, il faut revenir au cahier des charges qu’ont reçu les fabricants de calculatrices. En décembre 2013, près d’un an et demi avant la publication de la circulaire, le Ministère de l’Education nationale avait fait parvenir aux constructeurs un ensemble de « spécifications techniques » relatives au mode examen. Dans ce document de 5 pages, une seule ligne évoque la sortie de ce mode examen  : « Le « mode examen » doit donc être actif en permanence et ne pouvoir être désactivé que par une connexion extérieure ». C’est le flou autour de cette notion de « connexion extérieure » qui rend obligatoire la possession de deux calculatrices du même modèle pour certaines marques.

Un business très lucratif

LordFerguson (CC BY-SA 2.0)

À quatre mois à peine du baccalauréat, le Ministère devait trancher au plus vite. Maintenir la circulaire, au risque de se retrouver avec des ruptures d’égalité entre les candidats (certains disposant potentiellement d’antiséches lors de l’épreuve, d’autres privés de toute calculatrice), ou renoncer temporairement à cette obligation du « mode examen ». C’est le second choix qui l’emporte. Pas sûr qu’il ne fasse que des heureux. Hugo, lycéen à Douai, fulmine depuis qu’il a eu vent du projet du Ministère. « Je redouble ma terminale cette année et j’ai acheté exprès ce week-end une nouvelle calculatrice avec le mode examen, lâche-t-il. J’ai dépensé 70€ pour rien ».

Il faut dire que depuis l’annonce de cette circulaire, les fabricants de calculatrices se frottent les mains. Durant longtemps, les vieux modèles se transmettaient dans les familles où se revendaient pour quelques poignées d’euros sur internet. Mais ils ne disposaient pas du mode examen. C’est donc tout un parc de calculatrices scientifiques qui a dû être renouvelé. « Depuis trois ans, on peut considérer que tous les élèves ont dû acheter une calculatrice neuve », détaille Xavier Andréani. Avec 500 000 élèves en série générale et technologique, ce sont pas moins de 1,5 million de calculatrices qui ont été rachetées. « Une calculatrice de moyenne gamme coûte environ 70€ », poursuit l’enseignant. Cette circulaire aurait rapporté, au bas mot, quelques 105 millions d’euros aux constructeurs. Un business très lucratif.

Si les bacheliers 2018 ne seront pas concernés par ce « mode examen », qu’en sera-t-il pour ceux de la session 2019 ? Officiellement, la circulaire restera en vigueur pour eux. Mais il est bien difficile de savoir comment les couacs rencontrés cette année pourront être résolus. Et au-delà de ces problèmes techniques, ce mode examen est-il vraiment si utile ? « Il n’y a rien de mal à stocker quelques formules pour être rassuré le jour des épreuves », glisse Fabien, lycéen à Compiègne. « Les programmes de triche peuvent même être vecteurs d’égalité entre les candidats, analyse Xavier Andréani. Ceux qui achètent les modèles les plus chers ont énormément de fonctionnalités « par défaut » qui restent accessibles même en mode examen, alors que ceux avec des calculatrices bas de gamme ne les ont pas. Sans le mode examen, tout le monde peut avoir les mêmes fonctionnalités en installant des programmes supplémentaires ». Les programmes de calculatrice, outils de lutte contre les inégalités sociales ? Toujours est-il que l’équation que le Ministère devra résoudre l’an prochain est loin d’être évidente…

Guillaume Ouattara, blogueur-invité Le Monde Campus

Bac philo 2017 : comment les sujets des séries technologiques ont fuité

École polytechnique – J.Barande (CC BY-SA 2.0)

Le bac 2017 a commencé, jeudi 15 juin, par un gros couac : en philosophie, les candidats des filières technologiques (bac STMG, ST2S…) ont dû plancher sur des sujets de secours. La raison ? Les sujets initialement prévus ont fuité la veille de l’épreuve.

Toute la matinée, les spéculations sur l’origine de cette fuite sont allés bon train. Vol de sujet ? Hack de l’ordinateur d’un concepteur ? En réalité pas du tout. Après enquête, il apparait que les sujets prévus jeudi matin en métropole se sont retrouvés, mercredi soir, sur le site d’info de « Guadeloupe 1ère », chaîne du groupe France Télévision dédiée à l’Outre-mer.

Une affaire d’en-tête

L’article de la fuite

Si les élèves de métropole commencent le bac ce jeudi, les élèves d’Antilles-Guyane ont composé hier sur la Philo. Et comme il est de coutume après une épreuve du bac, les sujets ont été repris et publiés sur divers médias locaux.

A 17h59, mercredi 14 juin, le site Guadeloupe Première propose aux internautes de consulter l’intégralité des sujets au format PDF. Sur le site, on retrouve les sujets des bacs S, ES, L et technologiques tombés dans l’Académie Antilles-Guyane. Mais très rapidement, Xavier Andréani, professeur et administrateur du forum TI-Planet, détecte un problème : l’en-tête du sujet des filières technologiques ne correspond pas aux autres sujets.

« Le repère sur le sujet était 17PHTEMLR1, nous détaille-t-il, or c’est le repère traditionnellement réservé aux sujets du bac de Métropole. Le repère correct aurait dû être  17PHTEAG1 » .

Un problème d’en-tête

« L’artiste doit-il répondre aux attentes du public ? » et « N’échange-t-on que des choses ? » sont les deux questions qui apparaissent sur ce sujet. Mais en réalité, les candidats des filières technologiques d’Antilles-Guyane ont planché, hier, sur deux autres questions : « serions-nous plus libres sans les lois ? » et « A-t-on besoin des autres pour trouver la vérité ?».

Immédiatement, le professeur procède à un signalement auprès de la mission de pilotage des examens. Son interlocuteur, au téléphone, n’est pas au courant de la situation et lance une enquête. L’affaire est prise très au sérieux par le Ministère.

Une impression de nouveaux sujets en urgence

Le sujet original

A 19h09 hier soir, soit 2h après la publication initiale, l’article est modifié une première fois. Le lien vers le sujet disparaît,  mais l’une des questions reste citée dans l’article.

20h42, nouvelle modification : le lien de téléchargement réapparaît, mais cette fois le repère a été effacé. « Je pense qu’à ce moment précis la décision a été prise de modifier les sujets de Métropole, explique Xavier Andréani. La modification vise sûrement à limiter les vagues à la veille de l’épreuve, de façon bienveillante pour ne pas stresser les candidats ».

23h49, dernière modification de l’article. Cette fois, les bons sujets viennent remplacer les sujets de Métropole.

Le soir-même, l’ordre est donné à tous les rectorats de faire imprimer en urgence les sujets de secours. Ce matin en arrivant, certains élèves ont reçu leur sujet avec 1h de retard, le temps que les sujets de secours parviennent à leur lycée.

Des questions restent posées

Ainsi, on est loin d’une fuite majeure entre candidats, comme certains le redoutaient. Mais une question demeure : comment se fait-il que ces sujets aient été communiqués aux médias locaux ? Mystère… Contactée, la rédaction de Guadeloupe Première renvoie la balle au rectorat de l’académie de Guadeloupe « c’est eux qui pourront vous expliquer ce qu’il s’est passé », nous glisse-t-on, avec malice. Le Ministère quant à lui n’a pas souhaité donner davantage de détails, précisant simplement qu’une « enquête était en cours ».

Mais l’affaire rappelle étrangement un cas similaire qui s’était produit à la session du bac 2015. L’académie de La Réunion avait, par erreur, envoyé les sujets de Philo du bac technologique à toutes les rédactions 4h avant le début des épreuves. A l’époque, l’Académie avait fait appel « à la loyauté et au civisme » des médias pour ne pas divulguer les sujets. Les sujets de secours avaient été utilisés pour les candidats de La Réunion seulement, les risques d’une diffusion en métropole étant jugés  « extrêmement limités » . Cette année, les sujets ayant été publiés sur un site accessible à tous, y compris en métropole, c’est l’option sujet de secours qui a été retenue.

Guillaume Ouattara

 >>>Lire aussi : Une première fuite aux épreuves expérimentales du Bac 2017

>>>Lire aussi : Fuites aux épreuves expérimentales du bac 2017 : l’enquête du Ministère s’annonce compliquée

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L’Ecole polytechnique part à la recherche de start-up

Vince11111 (CC BY 2.0)

Depuis avril 2015, l’Ecole polytechnique a lancé le programme « X-Up » pour recruter et épauler de nouvelles start-up innovantes. Cette année encore, la Grande Ecole est à la recherche de start-up pour gonfler ses rangs.

Accompagnement de 6 mois, coaching par des professionnels, locaux sur le campus : les « jeunes pousses » seront chouchoutées par les équipes de Polytechnique. L’appel à candidatures est ouvert jusqu’au 28 février.

Qui peut se porter candidat pour rejoindre « X-Up » ?

« Tout le monde peut postuler », explique Matthieu Somekh, responsable du pôle entrepreneuriat et innovation de l’X. Il n’est donc pas nécessaire d’être étudiant de l’institution militaire. Le seul impératif est d’avoir un projet de création d’entreprise ou bien d’être dans les premières phases de création d’une start-up. La durée d’incubation est de six mois renouvelables.

Quel type de start-up est recherché par Polytechnique ?

L’école est à la recherche de tous types de start-up, avec un accent mis sur celles disposant d’un aspect technologique, qu’il soit hardware ou software. Médical, big data ou encore objets connectés : les thématiques acceptées sont larges.

Que reçoivent les start-up de la part de Polytechnique ?

Les porteurs d’un projet recevront des locaux sur le campus de Polytechnique, un accès à un « fablab » (contraction de l’anglais fabrication laboratory, « laboratoire de fabrication »), des ateliers, des rencontres et des conseils individualisés pour aider à démarrer l’activité. De plus, ils pourront échanger avec les différents laboratoires du campus.
Enfin, un dispositif financier allant jusqu’à 20 000 euros est à disposition des entrepreneurs.

« Rejoindre les “success stories” issues d’X-Up »

Lancé en 2015, l’accélérateur de Polytechnique a déjà accueilli et incubé 4 promotions de start-up. Parmi elles, Instent (dans le domaine de la santé connectée), qui a réalisé en novembre 2015, à peine un mois après sa sortie d’accélération, une première levée de fonds de 1 million d’euros, ou Auxivia (dans le domaine de la silver economy), lauréate du concours French IoT du groupe La Poste.

Autant dire que l’institution donne un véritable coup de pouce aux projets innovants.

Pour se porter candidat, c’est par ici.

L’École Polytechnique à la recherche de nouvelles start-up

Vince11111 (CC BY 2.0)
Vince11111 (CC BY 2.0)

Depuis avril 2015, l’École Polytechnique a lancé le programme « X-Up » pour recruter et épauler de nouvelles start-up innovantes.

Accompagnement personnalisé, locaux sur le campus, conseils de mentor : une première promotion de 4 start-up a déjà intégré « X-Up » et Polytechnique est à la recherche de nouveaux projets pour rejoindre ses rangs à la rentrée.

Qui peut se porter candidat pour rejoindre « X-Up » ?

« Tout le monde peut postuler », explique Matthieu Somekh, responsable du Pôle Entrepreneuriat et Innovation de l’X. Il n’est, donc, pas nécessaire d’être étudiant de la vieille institution militaire. Le seul impératif est d’avoir un projet de création d’entreprise ou bien d’être dans les premières phases de création d’une start-up. La durée d’incubation est de 6 mois renouvelables.

Quels genres de start-up sont recherchées par Polytechnique ?

L’école est à la recherche de start-up disposant d’une forte dimension d’innovation technologique. Médical, big data ou encore objets connectés : les thématiques acceptées sont larges.

Que reçoivent les start-up de la part de Polytechnique ?

Les porteurs d’un projet recevront des locaux sur le campus de Polytechnique, un accès à un fablab, des ateliers, des rencontres et des conseils individualisés pour aider à démarrer l’activité.

Que doivent donner les start-up en échange ?

En échange de l’accompagnement d’un projet, Polytechnique récupère quelques parts de la start-up épaulée. C’est la seule contrepartie demandée aux porteurs de projet.

Pour davantage d’informations et candidater à ce programme, rendez-vous sur le site de l’École.

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