J’ai assisté aux oraux de Polytechnique

Eric Wüstenhagen (CC BY-SA 2.0)

Chaque année, ils sont des milliers à rêver d’intégrer la prestigieuse École Polytechnique. Après une sélection drastique, ils ne seront qu’une poignée à pouvoir concrétiser cet objectif. En juin 2015, j’ai pu assister aux oraux de ce concours sélectif. Voici les coulisses de ce recrutement des futures élites.

9h30, à l’École Polytechnique. Une dizaine de candidats patiente sagement sur les chaises installées face aux salles d’oraux.

Cette future élite relit fébrilement quelques cours à la dernière minute, joue sur son téléphone ou encore feuillette une revue qui traîne dans le coin. En clair, ils tuent le temps avant de, peut-être, se faire eux-mêmes tuer… Bon, j’exagère sans doute un peu, mais en tout état de cause ils jouent leur vie entière sur ces oraux.

3 candidats, 3 matières, 3 heures : j’ai pu me glisser dans les salles d’examen pendant les épreuves.

Première épreuve : les mathématiques

Rendez-vous est donc pris à 9h50 pour ma première épreuve de la journée : les mathématiques. Il y a 10 jours, j’ai rempli un formulaire sur internet me permettant d’assister à ces oraux. Une convocation m’a été envoyée par e-mail et le tour était joué.

Devant la salle, un candidat à la longue chevelure brune patiente en tripotant sa montre. Je lui demande si je peux assister à son oral, il me répond qu’il n’y voit pas d’inconvénient. Car, bien que ma convocation me permette de me présenter devant la salle, élève ou professeur peuvent encore s’opposer à ma présence.

La porte s’ouvre, un monsieur souriant s’avance et appelle le candidat qui rentre – et moi aussi. Installé au fond de la salle, je peux voir le tableau tout entier.

Un peu comme une khôlle de maths, l’épreuve débute très rapidement. L’examinateur dicte un énoncé succinct à l’élève qui l’écrit tout en haut à gauche de son large tableau. Ensuite, la machine mentale se met en place.

L’élève passe quelques minutes à fixer l’énoncé au tableau. Je retiens mon souffle, me demandant s’il va sécher. Mais non, il commence à écrire quelques mots au tableau tout en dialoguant avec l’examinateur. « Bien, donc je pense qu’un petit schéma me permettra de bien illustrer mon propos ». « Je vous en prie, faites donc ».

Un dialogue mathématique intense

C’est un véritable dialogue mathématique qui s’engage entre l’élève et son examinateur. De nouvelles questions viennent se greffer aux 2 questionnements initiaux. Parfois l’élève s’arrête dans son flux de parole, regarde fixement en direction des symboles qu’il vient d’inscrire à la craie, prend son souffle et repart dans de nouvelles explications.

Un constat s’impose : les élèves présents ce matin pour passer les oraux ne sont pas là par hasard, ils ont déjà passé la difficile sélection des écrits et font, donc, partie des meilleurs élèves scientifiques de la France entière.

Pas de stress ni de tension palpables dans la salle. L’examinateur est attentif, à l’écoute des réponses du candidat. Parfois il l’aiguille en lui posant d’autres questions. À chaque fois l’élève trouve la réponse et replonge dans son exercice.

Après 45 minutes de ce jeu de question-réponse, l’exercice se clôt, et j’aurais presque envie d’applaudir le candidat pour avoir réussi avec tant d’aisance son exo. Mais je me ravise ; le professeur lui donne un second exercice pour clôturer cette heure d’épreuve.

Ce second énoncé est nettement plus calculatoire. Je comprends quelques mots, mais pas tout. En quittant ma classe prépa l’an dernier, j’ai tiré un trait sur ces concours et oublié un grand nombre de notions que j’avais absorbées pendant un an.

Le candidat paraît moins à l’aise, plus hésitant. Mais on sent qu’il dispose d’un certain nombre d’automatismes qui lui permettent de reprendre le dessus. Il termine l’exercice en une dizaine de minutes. L’examinateur lance une dernière question ardue pour le tester jusqu’au bout. Il hésite, trace quelques schémas et donne la réponse.

L’examinateur paraît satisfait, l’élève soulagé. Il peut quitter la salle.

Bien loin de l’ambiance anxiogène de la prépa

Tout au long de cette épreuve, un constat s’est imposé à moi : « ça n’est finalement pas si horrible que cela ». Bien sûr, le candidat avait visiblement quelques facilités en mathématiques.

Mais même quand il faisait fausse route, partait dans des raisonnements trop bizarres, l’examinateur le reprenait sans animosité, lui demandait de revenir à son point de départ et de réfléchir autrement.

Bref, on est très loin du souvenir assez anxiogène que m’avaient laissé mes khôlles de maths et de physique en maths sup. Aujourd’hui, pas de remarques blessantes, dégradantes, ni de regards réprobateurs à l’horizon. Simplement un test pour voir jusqu’où le candidat est capable d’aller.

Après les maths, le français !

Pour l’épreuve de français, le constat est le même. Cette fois encore, l’accueil de l’examinatrice est plutôt cordial. C’est une candidate qui prend place face à elle. Elle vient de préparer durant une demi-heure un texte que lui avait fourni l’examinatrice.

S’il m’est impossible de révéler l’œuvre exacte dont il fut question dans cet entretien, je peux toutefois dire que c’était un texte sur une question de société. L’épreuve mêlait connaissances de littérature, de philosophie et même un peu de sociologie.

Après un résumé synthétique et un commentaire plutôt bancal, la candidate est soumise à une batterie de questions. Cette fois-ci, contrairement à l’épreuve de maths, je ne suis pas largué. Bien au contraire, je suis dans mon élément. Les différentes questions posées font appel à mes souvenirs de cours de seconde et de première en Français. Citer des courants littéraires, le nom de philosophes ayant traité du sujet : la candidate n’est visiblement pas très à l’aise avec ces notions.

Elle balbutie quelques réponses, sèche à plusieurs reprises sur des questions de l’examinatrice. Il faut dire que cette épreuve de français n’est pas la plus importante pour ce concours. Mais bon, ce sont toujours des points à gagner.

Nettement moins détendue que son camarade en maths, elle n’est visiblement pas très à l’aise avec cette épreuve de français assez codifiée. Derrière ses épaisses lunettes, elle fouille parmi ses notes pour trouver des réponses qu’elle ne donnera finalement pas.

Fin de l’épreuve pour elle, sans doute estime-t-elle la note qu’elle aura en sortant de la salle, mais il lui faut passer à autre chose ; le reste de ses concours l’attend.

La physique pour clôturer la journée

Après un repas des plus frugaux (pour certains candidats dehors, sous le soleil caniculaire), j’assiste à ma dernière épreuve de la journée : la physique. Je ne crois pas trop m’avancer en disant qu’il s’agit de la matière la plus redoutée par les élèves de la filière MP (Maths physique) dont je suis les oraux.

Un élève aux cheveux blonds, coupés courts, et au regard bleu très clair patiente fébrilement devant la salle. Comme les deux autres, il accepte bien volontiers que j’assiste à son oral. À vrai dire je me demande si cette présence d’une troisième personne les inquiète ou les rassure… Je ne suis pas le seul, en tout cas, à m’être déplacé pour voir ces oraux puisque dans les couloirs de cette très prestigieuse école d’ingénieurs patientent d’autres « auditeurs ».

L’examinateur vient, donc, nous chercher et donne un énoncé des plus courts à l’élève. Ce dernier mêle plusieurs chapitres vus en première et en deuxième année de prépa.

L’élève se lance ensuite dans des équations, ressort des théorèmes de cours – dont certains ne me sont étonnement pas étrangers. Et, contrairement à l’épreuve de maths où les sentiers sont bien balisés, cette fois l’élève mène son exercice par lui-même. Il revient, parfois, sur des précédents calculs, ajoute des inconnues, en retire d’autres.

« Je pense qu’il y a un petit souci »

À la fin de longs calculs bien compliqués et après une bonne demi-heure de travail, il obtient un 0. Pas sa note, mais son résultat final.

« – Je pense qu’il y a un petit souci…, lance-t-il inquiet.

– Oui, effectivement, vos approximations sont fausses, lui répond l’examinateur ».

Il reprend donc son calcul, efface puis rajoute des éléments. Le professeur est moins présent que celui de l’épreuve de maths de ce matin, mais là encore on est bien loin du cliché du méchant prof cherchant à mettre des bâtons dans les roues de l’élève.

Ce dernier n’ira pas au bout de l’exercice. Pas assez de temps. Pour le tester une dernière fois, l’examinateur pose une question à laquelle il répond sans grande conviction. Il range ses affaires et sort de la salle.

Difficile de savoir quel sera son résultat. De confidences obtenues par des élèves passés par la case concours, le fait de terminer ou non un exercice n’est pas ce qu’il y a de plus important durant le concours. Il faut, avant tout, montrer ses capacités, être réactif par rapport aux indications de l’examinateur. Pour ce blondinet venu de Nancy, le contrat semble rempli.

Un bilan mitigé

Fin de ma journée dans les locaux de cette école, il est temps pour moi de regagner mon petit train-train. C’est une expérience assez forte que d’assister à de tels oraux, voir comment la matière grise peut chauffer à plein régime. D’ailleurs, je conseille à tous les élèves de première année de prépa d’aller faire un tour dans ces salles d’examens. Une bonne manière de voir ce qui les attend l’année suivante.

Moi qui, l’an dernier, me destinais à passer de telles épreuves (pas aussi prestigieuses cependant), je ne regrette pas mon choix d’avoir rejoint une école post-bac. Car, même sans y jouer ma vie, le simple fait d’avoir patienté avec ces candidats fébriles m’a fait remonter de vieux souvenirs assez stressants.

Quant à ce système de concours post-prépa, il me pose encore question. D’un côté, le fait de voir que les examinateurs sont très humains et ne cherchent pas à détruire les candidats me rassure quelque peu. Mais de l’autre, voir ces mêmes candidats jouer leur vie toute entière sur une heure d’épreuve me rend quelque peu sceptique.

Celui qui a la chance de tomber sur le sujet qu’il maîtrise à la perfection pourra rentrer dans cette école élitiste. Celui qui, au contraire, tombe sur un sujet qu’il n’aime pas devra se contenter de moins bien.

« C’est la vie », pourrait-on dire, mais quelle drôle de vie, quand même, à 20 ans tout juste…

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40 commentaires sur “J’ai assisté aux oraux de Polytechnique

  1. Globalement, en dehors de deux oraux (sur peut-être une quarantaine que j’ai passé) j’ai également trouvé les examinateurs plutôt sympathiques. Si on arrive à ne pas penser à l’enjeu, un oral n’est rien d’autre qu’une colle. Une colle, quant à elle et si on aime la matière, est une manière extrêmement agréable et efficace de travailler : vous dialoguez, sur un sujet qui vous plaît, avec une personne qui vous donne juste le minimum d’indication pour vous aider à progresser dans votre problème. Les colles sont vraiment ce qui manque le plus à l’université pour faire progresser les étudiants.

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    1. Les cours d’éthiques sont aussi ce qui manque.

      Polytechnique a produit :

      – Patrick Drahi. Fraudeur fiscal

      – Frederic Oudéa. Parjure devant l’assemblée et fraude fiscale

      – Patrick Kron. Qui a vendu Alstom aux américains en mentant au gouvernement

      – Tidjane Thiam, PDG de Crédit Suisse. Banque accusé de fraude fiscale en bande organisé. Ils venaient illégalement en France pour sortir de l’argent du pays dans des sacs.

      – François Villeroy de Galhau, issu d’une famille de la haute noblesse qui se lance dans l’industrie, sous sa direction, la banque ouvre des comptes partout au Panama. En 2015, il est nommé au poste de gouverneur de la Banque de France malgré l’opposition de nombreuses personnes. Il préside à ce titre l’autorité de contrôle prudentiel et de résolution qui enqueter sur l’évasion fiscale. Tiens tiens !

      – Didier Lombard. PDG de Orange qui a voulu virer les salariés « par la porte ou par la fenetre » et qui a provoqué une vague de suicide sans precedent

      – Michel Pébereau : l’Etat sauve sa banque en pleine crise. Il se met des centaines de milliers dans la poche. Son entreprise pratique la fraude fiscale. Il critique violemment le journal le monde pour un article sur son cumul de mandats sur plusieurs boards et se réjouit ensuite des difficultés financieres du journal. Arreté par la police pour délit d’inité

      – Serge Dassault : Poursuivi pour corruption aggravée

      Je pourrais citer des dizaines de noms. Des dizaines.

      Pour une école qui forme aussi peu de monde, ils ont un sacré pourcentage de criminels et de psychopathes.

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      1. Les polytechniciens sont aujourd’hui 500 par promotion. Comme dans tout groupe social, il y a une part non-nulle de gens immoraux, de délinquants, de criminels et de psychopathes.

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  2. Certains examinateurs sont moins fair play. Et ils commettent parfois des erreurs d’énoncé qui peuvent être génants.
    A polytechnique, en physique, on me parle d’une goutte d’eau qui en tombant s’évapore, mais quand l’interrogateur me guide, je comprend que cette goutte d’eau se condense, il faut passer à toute allure de la chaleur latente à la conservation de la quantité de mouvement. Mais je n’ai pas eu à me plaindre de l’examinateur.
    A Supelec, ou j’ai failli échouer, en math, on me parle d’une fonction générique qui aurait n maximums, alors que guidé par l’examinateur il fallait comprendre n extremums… Je me suis chopé un 4/20, ce qui aurait du être éliminatoire, mais comme j’avais eu 20/20 à l’écrit en électricité, j’ai quand même été reçu (dans les derniers). Mais c’est vieux, ça date de 1970.

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    1. LX a la particularite de proposer des sujets ouverts qui peuvent donner lieu a une multitude de modelisation. Il ya des sujets que des generations de taupins ont eu sur les gaz dans le plasma, les changements detat (fluide en evaporation etc) Ils sont excellents pour detecter la capacite de modelisation du candidat sur des sujets ouverts Au cas ou le sujet est deja connu du taupin, lexaminateur peut rapidement reorienter vers une approche de modelisation differente

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  3. Je suis moi plutôt d’accord avec cet aspect de l’article. J’ai souvenir de mon oral du concours des mines où j’ai eu comme examinateur un de mes colleurs « habituels »… A la fin il m’a dit « c’était pas terrible »… mais peut être que parce qu’il me connaissait et savait que je valais mieux que ce jour là, il m’a donné les quelques points qui ont fait la différence. Et cela me fait penser à une phrase de la biographie de G. Perec par D. Bellos: « c’était de ces instants de la vie où on entend le bruit de la page qui se tourne ». Il s’en était fallu de peu ce jour là qu’elle ne se déchire et, oui, ma vie aurait été toute différente…

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      1. J’ai déjà vu la situation, qui m’avait fortement choquée. Les examinateurs qui se trouvent être également colleurs dans l’année demandent en général à ne pas faire passer un oral à un élève qu’ils connaissent. Mais il y a des exceptions parfois, pour diverses raisons : manque d’éthique (ça arrive), oubli ou inattention (un examinateur qui ne reconnaît pas un nom dans sa liste d’élèves, mais reconnaît ensuite « visuellement » l’élève en question), et enfin problème de disponibilité (pas possible de faire le changement pour telle ou telle raison).

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      2. Certainement pas une « affabulation » de ma part (et pourquoi donc ?). Je m’en souviens comme si c’était hier… mais de fait, surement un oubli de sa part, parce qu’en me voyant il m’a dit « ah, c’est vous… » !

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  4. J’admire votre courage, car vous allez probablement vous faire lyncher.

    J’ai trouvé cet article divertissant, quoique extrêmement naïf. On dirait le rapport d’un enfant qui revient de Disneyland et qui pense que tout ne peut être que merveilleux, car les mascottes sourient.

    Ce qui est éprouvant dans les concours, ce ne sont pas les épreuves en elle-même mais l’attente avant et entre les épreuves. Je rappelle que la période des oraux dure 5 semaines.

    Quant à votre propension à tout ramener à votre propre expérience pour vous donner une légitimité (« bien au contraire, je suis dans mon élément »), je trouve cela d’un ridicule…

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  5. Je pense qu’il serait interessant d’élargir cette étude à d’autres épreuves similaires pour plusieurs raisons :
    – la quantité et la diversité des épreuves permet de minimiser l’impact d’un échec
    – les matières scientifiques limitent les incompréhensions et les erreurs d’interprétations
    – la lumière mise sur les « grandes écoles » oblige les jurys à beaucoup plus de déonologie
    – les élèves qui passent les « concours aux grandes écoles » ne jouent pas leur vie puisqu’avec les facilités qu’ils ont, de façon générale, ils arriveront toujours à s’en sortir
    Allez voir les oraux du CAPES d’une matière littéraire. Les conclusions de l’article ci-dessus seront relativement différentes….

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  6. Assez d’accord avec le fait que les examinateurs sont humains avant tout. La plupart avait été correct avec moi, seuls 2 (sur une bonne trentaine) avaient été infects (genre me laissant patauger en silence sans un regard…).

    Par contre pas du tout d’accord avec « ils jouent leur vie entière sur ces oraux ». Certes intégrer une bonne école d’ingé falicite la vie future (plus de chances de trouver rapidement un emploi, avec en prime un bon salaire), mais échouer ne signifie pas que tout est perdu… Dans mon entourage, ce ne sont pas forcément ceux qui ont faits les écoles les plus cotées qui sont maintenant les plus épanouis dans leur vie professionelle (ni forcément avec le meilleur salaire).
    Je pense donc qu’une école « prestigieuse » favorise effectivement l’entrée dans le monde pro, mais ne préjuge en rien de la situation 5 années après…

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  7. Il est également à considérer que certains élèves qui ne rament pas fort durant toute l’année mais excèlent à se bourrer le crâne quelques semaines avant les exams et arrivent à une prestation acceptable, dont les effets sont rapidement estompés mais qui leur permettent d’obtenir leur diplôme…

    Quantité d’autres sont des bùcheurs mais perdent une grande partie de leurs moyens devant l’examinateur et sont par conséquent recalés…

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    1. Jeremy vous portez bien votre pseudonyme. Point de diplômes à l’issue de ces concours qui comme leur nom l’indique permettent juste d’entrer dans ces écoles. Quand à penser qu’il suffit de se bourrer le crâne d’un maximum d’informations pour passer, c’est toute la différence entre le bachotage lycéen et la prépa où vous n’avez jamais mis les pieds et où quantité doit rimer avec qualité.

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      1. En un certain sens c’est toujours du bachotage, dans la mesure où, même à l’X, il n’y a pas une grande recherche d’originalité à l’oral. Mais si quelqu’un est capable d’avoir l’X en se contentant de bachoter quelques semaines c’est qu’il est particulièrement brillant !

        Il faut aussi noter qu’il y a une très grosse différence de niveau entre le taupin moyen (qui ne comprend pas nécessairement ce qu’il fait car il y a trop à assimiler pour qu’il ait le temps de comprendre tous les détails) et le taupin qui fini à l’X ou dans une ENS (pour qui le programme est facile).

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    2. La vie en entreprise est aussi faite de bachotages et de présentations stressantes à surmonter. Si ce n’est pas devant un examinateur, c’est devant un patron, un client. Et là il n’est plus simplement question de notes…

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  8. Bon article. Concernant le facteur chance du sujet et du professeur, il est assez faible pour plusieurs raisons (je parle d’expérience après avoir passé les concours Mines et Centrale il y a 5 ans):
    – le nombre d’épreuve à chaque concours: 2 de math, 2 de physique, une de SI,une de francais et une d’anglais au écrit, et rebelote la même chose aux oraux.
    -le nombre de concours: en MP, un élève passe souvent 3 concours donc ca réduit les risques.
    -la longueurs des épreuves: parce que les épreuves d’écrites sont très longue, elle abordent énormément de sujets. A centrale, chaque épreuve de physique compte 3 parties, et il est difficile d’en finir deux dans les temps, donc c’est un peu « je choisis ce que j’aime le plus et on verra le reste après »…
    De plus, si grosses mal-veines, il est toujours possible de faire 5/2.
    Concernant le stress, la gestion du stress est une qualité essentiel aujourd’hui en milieu professionnel, donc il n’est pas choquant que ceux qui le gère le mieux réussissent mieux.
    Conclusion, le fonctionnement est plutôt juste, connu à l’avance et ils ne sont pas obligatoire donc si vous les passez, c’est que vous acceptez les règles du jeux. De tout façon, on a rarement des surprises le jour des résultats…

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  9. Moi je regarde l’Amérique où ce qu’il compte à la fin du parcourt d’une formation supérieure c’est d’avoir un « job » et d’être capable de perfectionner son « know-how » car si on vous paye aux EUA c’est pour votre Know-How, et non pas pour un titre de noblesse d’une « grande école » française…D’ailleurs, si les dites « prestigieuses » écoles supérieures en France sont classés de « grande école », peut-on dire que les écoles aux EUA, au UK et (croyez-moi, on y est déjà à son avènement) les écoles de prestiges en Chine sont des « hyper géantes écoles »?

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    1. Ca vous fait mousser d’utiliser vos petits anglicismes?
      Sérieusement, vous pensez vraiment qu’en France, le diplôme fait tout? Bien sur que non. Au tout départ, oui, mais après 5 ans d’expériences, plus personnes ne regarde cette ligne sur le CV.

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      1. Vous avez raison, après 5 ans, plus personne ne regarde le CV, par contre, on regarde le Whos’Who et on profite du carnet d’adresse des « anciens de… », c’est là que réside la grande différence.

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    2. Si tu fais des etudes pour trouver un job,
      c’est une chose,
      mais tu peux faire des études pour apprendre …
      et pas apprendre à gagner de l’argent hein…
      wahou , le truc de fous , des gens qui font un truc parce qu’ils l’aiment, pas parce que ça gagne des thunes …

      tu peux aimer un truc,mais ne pas aimer/vouloir en vivre …

      d’ailleurs puisque tu parles de « know how »,c’est bien le principe des grandes écoles en France, on y apprend… à travailler beaucoup !
      know how to work hard

      pour le reste, ce qui compte au final ce sont les relations , école ou pas école , celles qu’on te donne , celles que tu acquiers …

      t’as oublié de parler du « know how to pay » aux EUA ,parce qu’en France les meilleurs écoles scientifiques sont gratos – voire t’es payé et tu dois quelques années de service – aux EUA – hors de bourses – combien coute une année dans un lycée Louis le Grand ?

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    3. Je ne sais pas ce que vous voyez de si fantastique aux « EAU ». Ils payent plusieurs dizaines de milliers de dollars par an pour les études supérieures. Cherchent aussi à intégrer les meilleurs écoles (MIT, Harvard,…) car meilleurs jobs et paye après. Contrairement à ce que vous dites, aux USA aussi on vous paye pour un titre d’une grande école.

      Et ensuite, vous n’avez qu’à vous renseigner un peu, mais les diplômés français et tout particulièrement les ingénieurs des grandes écoles, sont très prisés et recherché là-bas, de par leurs compétences indiscutablement reconnues.

      Enfin, pour revenir sur l’article, je trouve aussi exagéré le « ils jouent leur vie en 3h ». Cela a une influence non négligeable certes mais pas à ce point.

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  10. « …voir ces mêmes candidats jouer leur vie toute entière sur une heure d’épreuve… »
    C’est une bien triste vérité mais c’en est une en France. Ces quelques heures de stress détermineront une carrière, une vie. Tapis rouge de la part des entreprises, jolie place dans les grilles de salaire et évolution programmée pour les 20 prochaines années. Une erreur ou un manque de chance dans ces épreuves et vos ambitions tomberont à l’eau.
    Cependant, qu’en est-il de la capacité de résoudre des équations à 20 ans au mois de Juin lorsqu’on leur demandera d’intégrer une équipe ou de faire face à des clients?
    L’intelligence sociale est bien trop souvent écartée au profit d’une ligne sur un CV.

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    1. Et vous la mesurez comment l’intelligence sociale?
      Les mathématiques ont l’avantage d’être vrai, ou faux, et accessibles à tous, quel que soit le milieu social. La note tombe,elle est sévère, mais à peu près juste.

      Une épreuve mesurant « l’intelligence sociale » serait simplement le loto. Ca existe aussi remarquez…

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      1. Demandez aux anglais, ils sont très forts pour cela, et se moquant couramment des matheux français ( qu’il leur arrive d’embaucher pour quelques taches techniques et très bien payées, il est vrai)

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      2. Que les anglais se moquent des français, il n’y a rien de plus normal. Ca ne les empêche pas de recruter à bras ouverts les diplômés français. On n’a pas que des matheux en france, on a aussi les écoles de commerce.

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  11. Je confirme en tout point cet article. Les examinateurs cherchent à tester le candidat, et pas à la détruire. Rien à voir avec l’écrit, qui est lui clairement à vocation éliminatoire.

    Et pour tous les candidats qui ne sont pas arrivés aux oraux avec une solide avance en points gagnés à l’écrit, le sentiment profond, palpable d’un quitte ou double qui se joue sur quelques minutes de leur existence.

    Mais, au fond, nous sommes ici dans la réalité, faite d’exigence et de capacité à dialoguer entre des esprits bien formés et bien préparés – pas la fantasmagorie voulue par Mme Belkacem et consort, qui prône juste l’abaissement et l’inculture pour tous dans un monde de lobotomisés d’ou toute difficuluté ou peine serait bannie – pour tout dire, le néant.

    Et pour tous, le

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    1. Notez qu’il y a au moins 3 exemples, vu en vrai, et un billet écrit bénévolement.

      C’est toujours mieux que certains journalistes qui généralisent à partir de rien du tout, et en plus sont payés pour ça…

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  12. je lis que plus personne ne prête attention à l’école au bout de 5 ans d’expérience professionnelle. C’est faux. Dans les sociétés du CAC 40, la majorité de postes de direction n’est accessible qu’aux happy few qui ont coché les bonnes cases, l’école en fait partie. Dans l’entreprise ou je travaille, c’est X, Centrale et ENA. Sauf rares exceptions le recrutement de juniors ne se fait pas en dehors du cercle restreint des top 5 de commerce et top 10 d’ingé, même pour des stages. Les candidats aux concours le savent bien, c’est la raison pour laquelle ils s’arrachent en prépa pour décrocher une grande école.
    Si la pression sociale n’était pas si forte pour leur faire intégrer un groupe de 100,000 personnes après leur sortie d’école, peut-être que ces jeunes bien câblés n’auraient pas besoin de « jouer leur vie » dans des concours. Mais c’est un autre débat.

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  13. Si je me place du point de vue de l’examinateur, mon expérience me fait dire qu’il est là pour accompagner le candidat dans sa réflexion et lui permettre d’exprimer le meilleur de lui-même. Être examinateur dans de tels concours est tout à la fois un honneur et un plaisir, car malgré l’enjeu, surestimé parfois, on a la chance de pouvoir dialoguer avec l’élite des élèves des classes préparatoires, même lorsqu’on enseigne une « matière à faible coefficient »… Tous les examinateurs sont conscients de leurs responsabilités et la proportion des « méchants » est infime. Il n’en reste pas moins qu’ils participent tous à un concours, qui par définition est un moyen de sélection. Pour avoir longtemps fréquenté les jurys de ces concours, je pense pouvoir affirmer que c’est un mode de recrutement parfaitement républicain.

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  14. « Quant à ce système de concours post-prépa, il me pose encore question. D’un côté, le fait de voir que les examinateurs sont très humains et ne cherchent pas à détruire les candidats me rassure quelque peu. Mais de l’autre, voir ces mêmes candidats jouer leur vie toute entière sur une heure d’épreuve me rend quelque peu sceptique. »

    Trois réponses :
    – On consacre à ces concours beaucoup plus de temps qu’à un entretien d’embauche. Ils sont donc beaucoup moins arbitraires.
    – Aucun candidat ne joue sa vie entière sur une heure. Il y a plusieurs oraux par école, plusieurs écoles, des passerelles entre les écoles, et on peut même redoubler sa prépa.
    – On cherche à évaluer les capacités de réflexion des étudiants dans un contexte ordinaire. On ne recrute pas des tueurs : il serait donc contre-productif de les mettre en état de stress avant de les interroger. Les examinateurs sont des vrais pro.

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    1. Surtout ce qui m’avait « choqué » c’est l’extrême décalage entre les khôlles et ces oraux. Certains khôlleurs se donnent un genre de caïds, font régner une forme de terreur dans leur salle de classe, alors que les différents oraux que j’ai pu voir à l’X se passaient intelligemment…

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  15. Les concours et les oraux sont ce qu’il y a de plus marquant et de plus interessant dans ce cursus. Avant et apres, c’est un chouilla decevant sur le fond de ce qui est enseigne.

    Qu’on les reussisse ou qu’on les rate (ce qui est assez subjectif), cela reste un moment enrichissant. Par contre, la propension de ceux qui les ratent a fetichiser ceux qui les reussissent afin de ne pas se devaloriser implicitement, c’est ce qui forme l’ossature et ce qui sclerose ce systeme.

    Sur le plan de la pure pertinence academique des concours, je prefererais qu’ils se tiennent a bac+3 ou bac+4 plutot qu’a bac+2. Ils seraient plus interessant et plus diversifies. Mais moins « egalitaires » (pour autant qu’ils tiennent a l’etre).

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  16. Et voici comment les postes les plus valorisants et les mieux payés sont attribué dans notre société : de par des notes qui ne figurent en rien la capacité d’une personne à jouer son rôle en dehors des maths. Ils feraient mieux de leur faire passer un examen psychologique pour détecter les personnes les moins sociales, les moins ouvertes au monde et ayant les capacités d’adaptation les plus faibles.

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  17. Tout de même triste d’avoir une telle vision du monde professoral après une année de prépa… certes certains lycées parisiens sont réputés pour leur dureté, mais personnellement dans une prépa moyenne je n’ai pas le souvenir de profs traumatisants. Quand à l’attitude des jurys, elle est souvent trompeuse, mes meilleures notes étaient venues des plus sévères (voire moqueurs) lors des concours.

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  18. LX a la particularite de proposer des sujets ouverts qui peuvent donner lieu a une multitude de modelisation. Il ya des sujets que des generations de taupins ont eu sur les gaz dans le plasma, les changements detat (fluide en evaporation etc) Ils sont excellents pour detecter la capacite de modelisation du candidat sur des sujets ouverts Au cas ou le sujet est deja connu du taupin, lexaminateur peut rapidement reorienter vers une approche de modelisation differente

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